Un but précis.

1137 Mots
La journée se passa sans réelle encombre. J’ai heureusement fini par me concentrer et la majorité de mes dossiers avaient été lus et signés. Je n’ai pas pris de pause pour avancer dans mon travail et il commençait déjà à se faire tard. Créer des parfums est une réelle passion pour moi et je suis consciente qu’une majeure partie de la population humaine ne peux pas s’empêcher de sentir bon. L’essence de nos parfums ne se résume pas non plus à ça. Il reflète également la sensualité, la douceur, la complicité et j’en passe. Du haut de mes trente-cinq ans, je vous avoue que posséder cette usine fait de moi une petite fille qui a réalisé un rêve. Je m’émerveille à chaque nouvelle production, l’odeur des essences m’enivre, remplit de joie mon cœur. J’avais l’impression d’être comblée mais… était-ce vraiment le cas ? Ma journée de travail touchait à sa fin et l’heure de mon rendez-vous était imminente. Je me suis donc rendue prestement chez moi, me suis changée et j’ai pris le chemin du restaurant au volant de ma Mercedes. J’appréhendais un peu cette rencontre. Je ne savais pas pourquoi, mais je trouvais un peu louche le déroulement des choses. De toute façon, je ne pouvais plus faire machine-arrière, car j’étais parallèlement envieuse de découvrir ce que tout cela cachait réellement. Tout ce que cet « Aladin » cachait dans son sac. Je suis donc arrivée au lieu du rendez-vous avec dix minutes de retard à cause du trafic. J’avais horreur du retard, mais là, ce n’était malheureusement pas évitable. L’hôtel Dolls était un endroit où venaient se rassembler à chaque moment les gens de la haute société. On pouvait facilement y rencontrer des célébrités ou des personnes politiques. Ce n’est qu’en ce moment que je me rendis compte qu’il avait très bon goût. À moins bien sûr que ce ne soit une ruse pour m’épater.je venais de déboucher sur la vaste terrasse du prestigieux restaurant. Je m’étais habillée de façon assez sombre pour l’occasion. De toute façon, ça n’avait rien d’un rendez-vous galant. Bref, je l’aperçus aussitôt. Assit à une table presque éloignée, il sirotait un verre de vin. Immédiatement, je me dirigeai vers lui. Il me vit et s’empressa de me tirer la chaise en me souhaitant la bienvenue. Chelou ! On avait l’impression qu’il cherchait à faire bonne impression. Ou… était-ce dans mes pensées ? Je m’installai néanmoins avec désinvolture en le toisant. Il sourit en réajustant la mache de sa chemise. Je dois avouer qu’il n’avait pas non plus fait un réel effort vestimentaire, mais il avait l’air assez élégant. - Je ne pensais pas que tu viendrais ! m’avoua-t-il. Il m’a tutoyé là ? Qu’est-ce qui lui arrive à ce connard ? Au lieu de lui en faire la remarque, je me surpris à simplement lui demander : - Et pourquoi cela ? - Tu n’avais pas vraiment l’air enchantée par mon attitude à ton bureau. - Cela va de soi. Je ne conçois pas qu’un potentiel investisseur se comporte de la sorte. D’ailleurs, j'ai quelques doutes sur tes intentions réelles. Voilà ! je l’avais également tutoyé. On était quitte ! Il sourit et je vois se creuser une fossette dans sa joue droite. Je n’avais guère fait attention à ce détail de son apparence. C’était à la fois mignon et attirant. - Qu’est-ce qui te fait douter ? me questionna-t-il, dans l’ignorance du fait que je fantasmais sur sa fossette. Quelle idiote ! - Eh ben, tu n’as rien d’un investir sérieux et je le dis par expérience. - Pourquoi es-tu donc venue si tu as déjà ton idée concernant mes intentions ? - Simplement parce que je ne suis pas du genre à rester calée sur l’opinion que je me fais des autres. J’aime découvrir mieux leur personnalité. Des fois, je me rends compte que mes impressions étaient fondées et d’autres fois non. En d’autres termes, je te donne le bénéfice du doute. - Et… tu serais du coup, déçue si je te disais que… je ne suis pas un investisseur comme je l’ai prétendu ? - Je serais encore plus curieuse de comprendre le but de tout ceci. À moins que perdre du temps fait partie de tes hobbies. - Tu as du répondant ! - Tu me l’as dit il y a quelques heures, mais merci de réitérer. Il sourit encore. Eh merde qu’il arrête ! - Du coup ? Pourquoi avoir orchestré tout ceci ? - Pour toi ? Je plissai le front un moment. - Pardon ? - Je l’ai fait pour toi. - Je ne pense toujours pas comprendre le fond de ce que tu viens de me dire. - Je te veux et je veux t’appartenir ! Le serveur pointa net en ce moment le bout de son nez. Je profitai de cette interruption momentanément pour rapidement reconstituer le puzzle mais j’avais toujours du mal à suivre. Je crois qu’il s’était rendu compte de mon trouble soudain, car il se mit à sourire avant de me servir un verre de vin. - Tu ne dis plus rien, Sagie ! - Je ne te permets pas de m’appeler ainsi. À quoi rime tout ceci ? - C’est simple pourtant. Je te veux. Dans mon lit et je serai dans le tien si tu le désires. - Tu penses peut-être que je suis en manque de prétendants ? - Oh ! évidemment que non. Cela n’est nullement le cas, j’en suis conscient mais… je ne suis pas un prétendant. Moi, je suis là pour toi et je veux t’avoir ! Ses dires auraient choqué une autre femme, mais moi, je suis Sage Peterson ! J’étais curieuse de comprendre totalement ce qu’il disait. La plupart du temps, les hommes qui me tournent autour ont peur de m’approcher et les plus courageux qui l’ont déjà fait sont à compter du bout des doigts. Que cachait cet homme ? Pourquoi était-il rentré dans ma vie et surtout en inventant toutes ces histoires inutiles ? - Sois plus explicite Ethan. - Je ne le suis pas assez ? - Pourquoi te donner autant de mal ? - Parce que tu en vaux la peine et je sais que je ne te laisse pas indifférent. - J’aime les hommes, mais pas les machos et encore moins ceux qui parlent pour ne rien dire. Tu ne fais que mentir depuis le début ! - Ne me juge pas aussi rapidement s’il te plait. - Tes paroles te condamnent. Pas moi ! - Tu préfères donc que je te le prouve par les actes ? Le regard qu’il a laissé glisser sur mes seins en disant cela m’a littéralement enflammé. Il sait jouer et cela m’excite. Bon sang ! c’était quoi ce guêpier ? Et pourquoi je ne partais pas ?
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