16J’ai trouvé refuge dans une réserve à poubelles, au fond d’une impasse commune à trois restaurants. Je dors sur un matelas en mousse, avec une feuille de plastique en guise de couverture. Quatre gros conteneurs gris m’assurent une certaine discrétion. Une plaquette les identifie comme étant des « Sherman », chars de fort tonnage qui délimitent autour de moi un périmètre de sécurité. J’y glane aussi de quoi me nourrir. Pâte à tartiner en voie de solidification récupérée en plongeant des morceaux de pain rassis au fond du bocal, pommes et poires blettes, bananes tannées, croûtes de pizza constituent mon ordinaire. J’évite les crudités, car j’ai connu trop de débâcles intestinales suite à l’ingestion de salades mal lavées. Pour les mêmes raisons, j’exclus la viande de mon alimentation. La n


