15Avec Jacques, je descendis dans la deuxième ville. Les clochards n’évoquent jamais celle-ci sans sourire, car elle fait ironiquement allusion à un centre commercial célèbre pour son faste. Sous le métro reposent d’immenses salles vides dont l’utilité initiale s’est perdue dans les registres eux-mêmes naufragés d’une époque où l’informatique ânonnait ses premiers bits. Entre les murs de ces espaces clos, des hommes se tiennent à l’abri, éclairés par des lanternes à huile. L’odeur de ce combustible compose avec les remugles des corps sales une atmosphère olfactive rance, écœurante. D’après mon mentor, la population de ces modernes cavernes s’élève à plus de trois mille personnes. Certains ne sont plus remontés depuis… ils ne savent pas combien de mois, d’années. Ici, plus qu’en surface, le


