CHAPITRE 7 : MADAME PAVAROTTI.

931 Mots
Marya émergea de la voiture sous les flashs des appareils dans une élégante robe noire qui mettait en exergue sa taille fine et sa poitrine moyenne. Un collier en argent entourait son cou tandis que ses cheveux noirs cascadaient en ondulations dans son dos. Elle sourit aux journalistes, faisant abstraction de leurs questions avant de se tourner vers moi. Mon cœur tiqua légèrement quand je rencontrai ses yeux verts indéchiffrables et à ce moment-là, je pris conscience de la p****n de beauté qu'elle possédait. Elle marcha jusqu'à moi, flanquée de ses gardes du corps puis fit face aux journalistes avec qui je m'apprêtais à argumenter. —Madame Pavarotti, quelles explications donnez-vous à... —Ma vie privée ne concerne personne ici, coupa-t-elle d'un ton tranchant sans se départir de son sourire. Oui, c'étaient bel et bien les traces de doigts d'Asher sur mon bras mais pourquoi vous êtes-vous directement mis en tête qu'il est v*****t ? Il y a assez de choses qui peuvent conduire à de telles marques, je ne vous donne pas les détails. Mais je vous prie d'arrêter de brider la renommée de mon mari avec de telles insanités. Je ne l'aurais jamais épousé s'il pouvait me faire du mal. J'étais impressionné et plus que surpris. Non seulement, je ne m'attendais pas à la voir débarquer mais en plus, elle m'avait défendu comme si rien de ce que racontaient les médias n'était vrai. Pour suivre la logique de ses paroles, je passai le bras autour de sa taille en souriant avant de me pencher dans son cou pour l'embrasser sous le flash des caméras. —Bravo, cara moglie, lui chuchotai-je furtivement avant de me redresser. Je la sentis se tendre contre moi mais sans rien laisser paraître sur son visage. —Pouvez-vous nous dire comment vous vous êtes rencontrés ? —Parlez-nous de vous, Madame Pavarotti. —Est-ce stressant d'être l'épouse d'un homme d'affaire tel qu'Asher ? —Nous répondrons à vos interrogations plus tard, tranchai-je face au méli-mélo incessant. Pour le moment, nous sommes attendus à un dîner. —Accordez-nous quelques poses ensemble s'il vous plaît, supplia un photographe. Ce ne sera pas long. —Bien sûr ! —Venez, ici sur les marches, ce sera parfait ! Nous longeâmes le tapis rouge pour monter quelques marches avant de nous positionner. Ma main resta ancrée à la taille de la jeune femme tandis que l'envie de finir avec cette séance photo à la con devenait pressante. Alors, après à peine deux minutes de patience, je finis par tirer Marya avec moi pour qu'on s'en aille. Nous échangeâmes des salutations d'usage avec d'autres invités au fur et à mesure que nous pénétrions la salle du gala, la soirée s'annonçant plus détendue que je ne l'avais espéré... * * * PDV MARYA VOLKOV. Asher claqua la porte juste derrière moi tandis que je montais les marches furieusement, ma sacoche en main. —Et où vas-tu? questionna-t-il dans mon dos. Je m'arrêtai dans mon avancée pour me tourner vers lui avec ahurissement. Il le fait exprès? —C'est chez moi ici, t'as oublié? répondis-je. Je vais dans ma chambre! —Je pensais que tu préférais vivre avec ma mère, railla-t-il. —Oh crois-moi, j'aurais bien aimé mais fuir ne résout jamais rien. Et d'ailleurs... Je descendis les marches pour parvenir à son niveau, mes talons claquant doucement contre le carreau. Il m'observa de ses yeux gris-bleu avec impassibilité, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. Il était si attirant ainsi dans ce costume enfilé avec désinvolture. —... j'exige une certaine distance entre toi et moi, lui dis-je. N'essaie pas de m'approcher ou même de me toucher parce que sinon, je ne serai pas aussi conciliante que ce soir. Si tu as quelque chose à me dire, fais-le moi parvenir par Arminda. Un rire jaune s'échappa de sa gorge avant qu'il ne serre les dents. Je vis un nerf de sa mâchoire tressauter, signe qu'il était énervé. —Très bien, accepta-t-il froidement. Mais fais très attention à toi parce que malgré tout, tu es madame Pavarotti et je ne tolérerai aucun écart susceptible de nuire à ce nom! —Je n'ai pas fini, Asher, rétorquai-je sèchement. J'ai encore une chose à imposer. —Tu n'as rien à imposer ici, petite idiote! —Oh que si, mon cher! Oh que si! Il me répondit rien, se contentant juste de me trucider du regard. Tant mieux! —Alors, mon très cher mari, commençai-je lentement. Il se fait qu'être femme au foyer n'a jamais été dans mes plans; je ne veux pas m'ennuyer seule à la maison. —Et tu vas faire quoi? Aller te pavaner dans un bar? Parce que je ne sais pas ce que tu sais faire d'autre. Sa réplique me piqua un peu à la poitrine. Tout comme ma mère, il ne voyait qu'un déplorable échec tout à fait inutile. —Non, je... je sais..., bredouillai-je. Je sais... Mes les mots s'évanouirent dans ma gorge car je venais de me rendre compte à l'instant que je n'avais aucune autre aptitude que mouvoir mon corps au son d'une musique. J'étais nulle en sciences, je faisais un peu de lecture et je détestais tout ce qui emmenait à trop réfléchir. Que pourrais-je bien faire de différent de ma vie? —Conneries! Sur ce, Asher tourna les talons et sortit du séjour en claquant la porte derrière lui, m'abandonnant avec le sentiment rabaissant d'être une chaussure dans un panier de tomates. Je restai ainsi pendant quelques minutes, honteuse et paumée avant d'emprunter les marches de l'escalier pour rejoindre ma chambre...
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER