CHAPITRE 8 : EVENTUEL PROBLÈME.

972 Mots
—Marya! Je souris quand j'aperçus ma sœur puis je me levai afin de la prendre dans mes bras. —Tâchez d'être brève, nous prévint l'infirmier à sa disposition. C'est bientôt sa séance psychologique. J'acquiesçai puis il s'éclipsa, nous laissant seules. L'air frais du printemps contrastait avec le soleil dans le ciel qui illuminait l'espace vert du centre de detox. Les feuilles vertes des arbres se balançaient doucement et la brise se faufilait gaiement dans nos cheveux. L'atmosphère semblait d'humeur joyeuse cet après-midi mais il n'en était rien de nous autres. —Comment vas-tu? m'enquis-je à l'endroit de ma sœur alors que nous allions prendre place sur le banc que j'avais quitté. Elle leva deux iris bleu dépeints sur moi, me transmettant toute la peine qu'elle ressentait. —Je veux sortir d'ici, Marya, me dit-elle faiblement. Cet endroit n'est pas pour moi. —Je sais, lui répondis-je avec compassion. —Non, contra-t-elle en même temps en secouant vigoureusement la tête de gauche à droite. Tu ne comprends pas, je... je ne veux pas être ici, je ne PEUX pas être ici! Il y avait un profond désespoir dans sa voix, une supplication subtile à mon endroit. —Irina, soufflai-je. Je sais que tout ça est difficile mais il faut d'abord que tu te remettes entièrement et... —Je suis enceinte. La nouvelle tomba comme une pierre sur ma tête. J'ouvris la bouche, choquée et surprise, les yeux écarquillés. —Quoi? m'étranglai-je. Que... comment ça? —Je l'ai découvert il y a deux jours, m'avoua-t-elle avec un sourire triste. Marya, je vais être mère, tu t'en rends compte? Et il est hors de question que je passe ma grossesse ici. J'avalai difficilement ma salive en pivotant mon regard sur le parterre de fleurs au loin autour duquel des patients se promenaient ou discutaient avec leurs proches. Un soudain malaise s'était emparé de moi ainsi qu'une appréhension sans nom. —C'est...Est-ce que..., balbutiai-je la gorge nouée. C'est... Asher le... le père? J'amarrai mon regard au sien afin de lire sa réponse en même temps que je l'entendrai. Ma sœur se figea un instant puis cligna les yeux comme si ce n'est que maintenant qu'elle pense au sujet de la paternité, ce qui m'enfonça encore plus dans mon désarroi. —Je... j'en sais rien, avoua-t-elle innocemment. J'ai couché avec lui en même temps que Ted du coup, je sais pas vraiment... Je portai une main à mon front, ne sachant que dire. Pour une raison que j'ignorais, je priais intérieurement pour qu'Asher n'en soit pas le géniteur. Rien que d'y penser même me faisait chier. —Mais, il y a truc que je n'arrive pas à piger, fis-je quelque peu confuse. Comment est-ce que t'as pu coucher avec lui alors que t'es amoureuse de Ted? Elle ferma les yeux en crispant le visage, presque honteuse. —Je... c'est un peu bizarre. —Dis-moi. —J'ai connu Asher en premier, expliqua-t-elle. Seulement, je n'ai jamais pu me résoudre à cesser de le voir parce que... bon Dieu, Marya! Ce mec sait tellement bien n****r, c'est presque irréel! Je fis les gros yeux, limite, jalouse. —Mais Ted... lui, il s'est emparé de mon cœur, tu vois? Cependant mon corps était toujours avec Asher, je... c'était un cercle vicieux duquel je ne savais comment m'en sortir. J'ai honte. Elle se prit ensuite la tête entre les mains, dépassée par son propre train de vie tandis que moi, je me pensais spectatrice d'un film. Jamais je n'aurais cru ma sœur embobinée de la sorte. Je croyais que c'était moi la p**e de nous deux. —Maman n'est pas au courant, ajouta-t-elle ensuite en se redressant. Je ne veux pas qu'elle le sache pour le moment. —Une grossesse, ça ne se cache pas, Irina, rétorquai-je durement. —Si elle l'apprend, elle essaiera d'en tirer profit comme à son habitude! Tu dois me faire sortir d'ici avant que ça n'arrive! Je pris une grande inspiration, faisant tourner ses propos dans mon cerveau. Je n'arrivais même plus à bien réfléchir encore sous le choc de la nouvelle de sa grossesse. Si Asher en était vraiment le père, ça lui ferait une raison de plus pour maintenir son union avec Irina. Et ça n'était ni bon pour elle, ni pour... moi. —Écoute, je vais devoir y aller, lui dis-je finalement. T'inquiète pas, je reviendrai te voir. Elle se saisit de mon poignet alors que je voulais prendre mon sac à main puis me fixa profondément dans les yeux. —Je sais que tu as toutes les raisons de me détester, fit-elle calmement. Tu as toujours été mon ombre parce que maman me préférait à toi. Je soupirai en clignant des yeux, pas très encline à parler de tout ça. C'est vrai qu'à un moment donné, j'en étais arrivé à envier ma sœur au point de me demander pourquoi est-ce que nous étions nées en double mais je ne dirai pas que je l'ai haï. Rien de ce qui se passe n'est de sa faute; c'est notre mère qui a instauré les hostilités dès l'instant où elle s'est aperçue que je ne lui apporterais pas grand-chose avec mon indiscipline scolaire et mon caractère. Elle m'a toujours traité d'intruse parce que moi j'arrivais à lui dire «non» quand ça ne me plaisait pas contrairement à ma sœur qui acceptait tout. —Mais rappelle-toi que c'est justement ce privilège qui est devenu mon gouffre, continua Irina. —Rappelle-toi de ça, ma sœur, rappelle-toi de ça... Je restai un moment silencieuse, tergiversant sur ses propos lourds de sens. Finalement, je me penchai pour l'embrasser sur le front sans mot dire puis je me levai, mon sac en main. L'infirmier à sa disposition vint la récupérer afin de la ramener à sa chambre avant que je ne m'en aille, quittant ce lieu rempli de dépression...
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