CHAPITRE 9 : NIK.

1532 Mots
Je sortis de la salle de sport en retirant mes écouteurs, mon corps transpirant à grosses gouttes. J'avais chaud et très faim, mais il me fallait d'abord prendre une bonne douche et me changer. Voilà maintenant un mois que j'étais devenue Madame Pavarotti contre mon gré et que les choses allaient de mal en pis avec mon mari. Depuis la soirée de gala, Asher et moi ne nous parlons plus et nous voyons à peine malgré que je fusse tout le temps à la maison. Je percevais de temps en temps sa voix hurler des directives au téléphone ou à ses hommes ou la porte de son bureau claquer avec nervosité. Je sais que c'est moi qui ai instauré cette distance mais p****n, ce que je me sentais froissée qu'il ne daigne même pas s'intéresser à moi. Il m'aurait prise pour l'un des tableaux du séjour que j'aurais été mieux valorisée à ses yeux. Son comportement m'énervait à un point inimaginable mais son physique s'imposait à mon esprit avec appétit. Il m'arrivait souvent d'aller checker son Insta rien que pour reluquer son apparence charismatique et sexy qui suscitait beaucoup de commentaires féminins. Dieu même sait à quel point ces femmes seraient interloquées d'apprendre que je vivais avec lui sans même qu'on ne s'embrasse. Pfff... Je traversai le petit couloir et m'apprêtai à rejoindre l'escalier quand des voix me parvinrent aux oreilles. Intriguée, je ralentis dans mon élan puis je pivotai sur ma gauche où se trouvait le petit salon attenant. Discrètement, je me postai à l'entrée pour surprendre Asher en train de parler avec un jeune homme aux cheveux châtains dont le visage me disait vaguement quelque chose. Ce dernier leur servait des verres de cognac tandis que l'autre était assis dans un canapé, son ordinateur portable sur les cuisses. —...Qu'est ce que j'en sais? grommela-t-il. Ça fait des plombs qu'on fait affaire avec lui. —Ouais mais autant de jouets, c'est un peu bizarre non? Asher souffla par les narines, visiblement exaspéré. —Si ça te gêne tant, pourquoi tu ne lui demandes pas directement? Le blond vint poser un verre sur la table pour toute réponse avant de s'asseoir dans un canapé. Je pensais maintenant savoir d'où je le connaissais. C'était lui qui m'avait littéralement sauvée le jour où Asher m'avait menacée avec son arme à feu. —Tu n'as jamais pensé à changer de business? s'enquit-il. Surtout maintenant que t'as une épouse ? Mon mari leva le regard de son MacBook, sourcil haussé. —Il est où le rapport avec mon mariage? L'autre sembla surpris par sa question; presque déconcerté même. —Bah, t'as une famille à toi maintenant, répondit-il comme une évidence. Plus tard, des gosses feront leur apparition et... Il dû se taire en même temps vu le regard assassin qui l'agressait. Bien sûr qu'Asher Pavarotti ne s'était pas marié pour fonder une famille. Il voulait juste une femme qui pourrait le seconder dans les affaires et faire bonne figure à son bras afin de redorer sa réputation. Le genre d'homme comme lui pense uniquement aux enfants que lorsque la question de la succession commence à devenir pertinente. Et mon mari était encore loin de s'intéresser à cela étant donné était lui-même un jeune héritier. Ceci me rappela en même temps la grossesse d'Irina. Sur le coup, j'avais une raison de croire qu'il n'en était pas le père. Parce que je suppose que c'est quelqu'un qui sait ce qu'il veut et si avoir des gosses ne fait pas partie de ses plans, alors il y veillera certainement. Je secouai la tête de gauche à droite, ne voulant plus penser à tout ça puis je décidai à m'éclipser. Mais une fois que j'eus tourné les talons, je tombai nez à nez avec quelqu'un. Je sursautai violemment de surprise en lâchant un cri étouffé. —Oh désolée madame! Je ne voulais pas vous faire peur! —Arminda! m'écriai-je, une main sur la poitrine. Bon sang! —Encore désolée madame, s'excusât la servante avec sincérité. C'est juste que votre téléphone sonnait depuis quelques minutes et vous n'étiez pas là. Je lui pris l'appareil des mains, l'arrachant presque puis je le déverrouillai afin de voir qui m'avait appelée. Mais au même moment, un appel entrant s'afficha. Je décrochai en immédiatement quand je vis de qui il s'agissait: —Nik! m'exclamai-je. —Privet moya krasavitsa! (Salut ma belle!) fit une voix guillerette dans le combiné. —Comment vas-tu ? Seigneur, suis trop contente de t'entendre! —Et moi donc? p****n, ça fait un mois que t'as quitté Moscou! —Oui, centre effet! J'étais tellement prise ici que j'en ai oublié de t'appeler et tout! C'était vrai. J'avais eu beaucoup de trucs dans la tête dernièrement mais il était loin de s'imaginer de quoi il s'agissait. Nikolai Ivanov était l'un des serveurs du night-club où je travaillais comme danseuse quand j'étais en Russie. C'était un jeune homme plutôt sympathique et séduisant. —Je suis à Los Angeles depuis deux jours, m'informa-t-il. —Sérieux? m'étonnai-je. C'est super! Mais tu ne travailles plus au bar? —Non. Je taffe maintenant dans l'entreprise de mon père. —Oh, félicitations! Ça veut dire que ta punition est enfin levée! Nik avait eu quelques petits problèmes de jeunesse comme ça arrive à certains enfants de riches. Il s'adonnait à l'alcool, aux filles et surtout aux jeux; risquant même de ruiner son père. C'est ainsi que pour le punir, ce dernier l'a envoyé travailler comme serveur au night-club avec comme pour seul bouée de survie, son salaire. Le patron ne badinait pas avec lui d'aussi loin que je me souvienne. Son assiduité, son zèle et surtout son attitude étaient notés avec pour redressement éventuel, une déduction sur son salaire. Il en a vu des couleurs au départ. Mais finalement, ça a porté ses fruits. —Ouais. Mais bon, c'est pas ça l'essentiel. J'aimerais t'inviter demain soir, ça te dit? Je rentre à Moscou dans trois jours et ça me ferait mal de ne pas avoir eu l'occasion de te voir. —Oh euh..., hésitai-je. Oui. Oui pourquoi pas? L'idée me plaît bien! —Super ! Je te laisse choisir l'endroit... Soudain, une main arracha le téléphone de mon oreille, si brutalement que j'en eu une brûlure au lobe. —Mais qu'est-ce que... —Bien-sûr, siffla Asher dans le combiné. Qu'est-ce que tu dis de Je-vais-te-casser-la-gueule night-club ? Ils servent les meilleurs whisky du pays, apparemment. J'étais sidérée, tellement que j'en avais perdu la voix. Mon mari était de profil à moi, ses doigts crispés autour de mon téléphone et la respiration lourde. Il était en colère. Mais à un point où il pourrait même réduire l'appareil en bouillie. —Excusez-moi, mais qui êtes-vous? fit la voix de Nik avec confusion. Où est Marya? —Je suis là, t'inquiète, répondis-je en essayant de reprendre mon téléphone. Je n'avais pas envie de faire de scandale et laisser mon ami se douter de quelque chose. —Je vais laisser Madame Pavarotti faire les présentations, sourit Asher. Puis d'un coup, il m'attrapa par la gorge et me tira à lui. Je posai mes mains sur les siennes, craignant d'être étouffée. —Vas-y, cara moglie, me susurra-t-il. Dis lui qui je suis. Il rapprocha l'appareil de ma bouche pour que je puisse y parler. —Marya? Mais qu'est-ce qui se passe là? —Vas-y, dis-lui, insista le jeune homme en resserrant encore plus sa prise. —Asher, articulai-je difficilement. —Oui, bb? Parle. —C'est... —C'est qui? —Mon... mari, craquai-je. C'est mon mari. —Quoi? s'étrangla Nik. T'es mariée? Depuis quand? Avec qui? Et... et pourquoi t'as rien dit? Je pensais que c'était ta sœur qui se mariait. —C'est... c'est un peu compliqué, je... Et Asher raccrocha l'appel. Il rangea ensuite mon téléphone dans sa poche sans me lâcher puis il inspira bruyamment, sa main tremblant autour de ma gorge. —J'ai dit: «Pas de bordel tant que tu seras Madame Pavarotti», grinça-t-il. —Lâche-moi, Asher. Tu me fais mal, me plaignis-je, presque au bord des larmes. —Qu'est ce que tu ne comprends pas, dis-moi? J'entrouvris les lèvres pour mieux inspirer, un vertige se pointant déjà. —Santa merda ! s'imposa une voix. Dégage! Je vis le blond avec qui il parlait tantôt se saisir de ses épaules pour le tirer vers l'arrière. Il me lâcha brutalement, ses ongles égratignant ma peau au passage. —Qu'est-ce que tu fous, tu vas la tuer! lui cria le jeune homme en italien. —Je m'en fous, bordel! Je m'en fous! —Arrête de te comporter comme ça! Tu vas la faire fuir! N'ayant pas la force d'écouter leur conversation, je me dirigeai vers les marches afin de monter dans ma chambre. Cependant, j'avais la tête qui tournait, le cœur qui battait à plein régime et une sensation d'étourdissement. Ma vision se fit trouble tandis que ma main cherchait à tâtons la rampe de l'escalier et mon ouïe, floue à tel point que les voix des deux hommes se firent lointaines. J'essayai de me reprendre en me murmurant des paroles réconfortantes mais j'étais toujours dans cette impression de m'étouffer. Puis quand mon pied trouva enfin la première marche, je perdis connaissance...
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