Chapitre 11 Le 25 avril 1915 dans les soutes d’un bateau. Le grand jour arrive. Une atmosphère oppressante pèse. Des regards s’échangent, l’ambiance qui règne parmi les soldats devient insupportable, de plus en plus insupportable et étouffante, l’attente interminable. On nous a demandé de patienter jusqu’au débarquement. Cela fait tout de même près de huit heures que nous sommes partis de Lemnos. Une odeur de transpiration imprègne l’air. La sirène d’alerte retentit, l’angoisse grandit à l’approche des côtes. Elle se peint sur tous les visages qui m’entourent. Nous sortons enfin sur le pont, on nous dit de nous dépêcher en serrant les rangs. Les ordres s’envolent dans la forte brise du petit matin et le bruit de la mer qui gronde rageusement. Il me semble entendre les voix de mes camara


