Isakhan est épuisée. Je me résous à la laisser souffler pendant au moins deux heures pour éventuellement reprendre la route après. De manière inattendue, des Kurdes surgissent à cheval et s’approchent à bride abattue. On dirait qu’ils font faire des voltes ou des caracoles à leurs montures. Une violente bouffée d’angoisse me submerge rapidement. Ils se mettent derrière moi et débordent de chaque côté pour mieux m’encercler. Ils sont une vingtaine, aucune chance de m’échapper ! Il va falloir jouer serré. Ils sont habillés sans aucune recherche esthétique, avec des vestes de différentes couleurs et des gilets sales, sanglés à la taille par des châles. Leurs pantalons rétrécis aux chevilles flottent au vent. Certains ont des bottes, d’autres des babouches. Les têtes sont couvertes d’une sorte


