L’emmurement commence à ce moment précis. Aussitôt, tout mon être plonge dans l’opacité de la nuit. Un silence de plomb règne. J’écoute, je guette le moindre murmure. Je me perçois comme une barque immobile perdue dans une mer de noirceur. Vite désemparé, je dérive au gré des faibles bruits que je crois entendre. Des gens crient peut-être, l’anxiété me gagne. Les voix sont étranges. Mes perceptions sont sûrement faussées, les ombres bleutées s’étalent et m’enveloppent dans leurs voiles épais. Mes mains se cherchent pour s’adresser à Dieu… Je me sens isolé de tout, même si cette solitude n’a rien de vrai. Derrière les portes, il ya mes camarades qui dorment. Depuis un moment, le vent s’est mis à souffler fort. Il gémit en faisant vibrer les murs. Mes oreilles bourdonnent. De sourds rouleme


