Nous continuons notre route tout en surveillant les sentiers qui conduisent aux cimes des rochers. Notre situation n’en demeure pas moins précaire, une escarmouche brève et violente des Kurdes est toujours à craindre. C’est mentalement éprouvant de marcher avec ce sentiment d’être suivis, d’être en danger tout le temps. Je scrute le ciel d’azur. De gros nuages cotonneux se dessinent. Ils se déversent et filent au-dessus de nos têtes en me donnant encore plus l’envie de fuir ce pays. Comme pour les cendres d’un feu, je voudrais monter très haut, voler et m’échapper dans ce bleu profond. Le monde est grand, les cumulus blancs, me donnent des ailes. La fin de journée s’écoule comme dans un cauchemar. J’accélère le pas, nous sommes partis tard, il faut absolument trouver un lieu où passer la


