Chapitre IIIUn peu avant 14 h 30, Harlet arrêta sa voiture devant les bâtiments de la société. Jérôme, le planton, dormait allongé dans la poussière. Il souleva une paupière, retomba dans sa torpeur. Harlet entra. Mme Lepetitcorps, la réceptionniste, s’épongeait les aisselles. — Mon frère est là ? — Non, monsieur Harlet. Il vient juste de partir au port. Je ne pense pas qu’il tarde beaucoup. — Merci. Il ouvrit la porte du bureau des secrétaires. Mlle Gubler pointait des listes au crayon rouge. Elle se leva vivement. Harlet serra sa longue main sèche, et la laissa bêler son couplet compatissant. Il ne l’écoutait pas. Ses yeux parcouraient la pièce claire et fraîche. Il revoyait ce même bureau deux ans plus tôt, quand il était arrivé – une baraque étouffante, minablement meublée, et les


