IIIDepuis son élection, en mai 1945, Pierre Lafon dirigeait sa commune d’une main de fer. La petite opposition qui sans relâche avait bataillé durant les premiers mois perdit peu à peu confiance en elle, au point de ne plus assister aux séances. Les deux élus de l’autre opposition – droitière celle-ci, se revendiquant du parti gaulliste, le R.P.F.3 –, Bourzet et Mauricée, finirent par se rallier, faute de trouver chez le maire le moindre angle d’attaque. De son prédécesseur, Antoine Dubrot, décédé au printemps 1951, Pierre Lafon avait appris tout ce qu’il ne fallait pas être : indécis, marchandeur, velléitaire. L’ancien maire de Galiane avait été, selon lui, tout cela à la fois. Et souvent, quand le paralysaient quelques états d’âme, il se disait : « À ma place, Dubrot aurait négocié, eh b


