II-3

1964 Mots

Les invités avaient déjà pris place autour de la table et tartinaient de rillettes les grandes tranches de pain. Marie-Louise versa le vin de propriétaire. Le représentant jura en posant la main à plat sur le col du verre qu’il ne buvait jamais entre les repas. Cette réaction jeta alentour un air d’étonnement. Et Gaby Lavaud eut beau vanter les mérites de son pinard, rien ne décida le visiteur à céder en écartant les doigts pour que le liquide pût s’écouler, comme c’était souvent le rituel en ces campagnes où les refus les plus tonitruants se révélaient de pure forme. On goûtilla dans un silence religieux, clappa son aise pour juger de l’âpreté du vin, âpreté naturelle en ce pays de Corrèze qui produisait des crus rudes à l’usage, chargés d’éthers, et qui soûlaient un bonhomme inexpériment

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