Chapitre 41 : Le Don est né Du point de vue de Matteo Je l’avais vu partir, en fin d’après-midi, avec cette même allure tranquille qu’il prenait avant chaque tempête. J’avais voulu l’arrêter, lui poser la question que je n’osais formuler : “Tu vas le faire, n’est-ce pas ?” Mais Leonardo n’avait pas besoin qu’on lui rappelle ses décisions. Quand il se mettait en route, c’était déjà trop tard pour la raison. La nuit tomba vite. Et avec elle, cette attente pesante qui dévore les nerfs. J’avais tourné dans le salon, un verre à la main, l’oreille tendue vers la route. Aucun appel, aucun bruit. Juste le tic-tac de l’horloge et le goût amer du whisky. Puis, enfin, le son d’un moteur. Une voiture qui s’arrête net devant la villa. Je sortis aussitôt. Et là, dans la lumière du porche, je


