Les maigres émoluments que consentait à lui verser la femme suffisaient à subvenir à ses besoins alimentaires très modiques. Pour ce qui est du reste, les pauvres ont l’habitude d’être pauvres. Ils se contentent de ce qui leur échoit, savent tirer parti de tout, se mettent à l’affût des opportunités même les plus anodines et se privent quand la conjoncture n’est pas favorable. Si toutefois, la vie devenait trop difficile pour Jana, elle louait ses bras à quelque pêcheur pour décharger les caisses de poisson et n’hésitait pas à proposer ses services auprès des mareyeurs. C’était une solution facile, les aides ponctuelles étaient toujours nécessaires. Cependant, elle le faisait sans enthousiasme à cause de cette odeur prégnante qu’elle détestait depuis qu’elle avait travaillé à l’usine de S


