Marko se tut, déconcerté par le courage et la sincérité de la jeune fille qui lui avouait son attachement. C’était aussi la première fois de sa vie qu’on lui disait des mots d’amour. Et ça l’émouvait, ces vrais mots d’amour, parce qu’ils n’étaient pas donnés avec une désinvolture distraite, pendant une étreinte voluptueuse, mais dans des circonstances dramatiques qui n’auraient dû susciter que de la haine. Timidement, la voix tremblante, il osa : – Justement... ton oncle... – Il est où ? Tu le sais ? Hein ? Dis-le-moi, c’est la seule chose que je te demande. – Ton oncle... je ne sais pas. Quand je suis revenu à l’église, son corps avait disparu. – Quoi ? Comment oses-tu ? Qui pourrait voler le corps d’un serbe ? Tes monstres de compagnons pour s’exercer à l’horreur ? Pourtant, ils semb


