IVOn ne pouvait pas parler ainsi du mariage de Savine avec la belle Corysandre sans que ce bruit arrivât aux oreilles de la personne qui justement avait le plus grand intérêt à l’apprendre : Raphaëlle, la maîtresse du prince, retenue à Paris par le rôle qu’elle jouait dans une pièce en vogue, et aussi parce que son amant n’avait pas voulu l’emmener avec lui. Mais elle connaissait trop bien son prince pour admettre que ce mariage fût possible : Savine ne se marierait que quand il serait impotent, et ce serait pour avoir une garde-malade sûre, dont il provoquerait la sollicitude, l’intérêt et les soins par toutes sortes de belles promesses, que naturellement il ne tiendrait pas. Quant à penser qu’il était pris par l’amour et la passion, cette idée était pour elle si drôle et si invraisembla


