1918

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1918 Un voile de brume couvrait le ciel de novembre, un voile plusieurs fois replié, et à mailles si fines qu’il formait une seule couche opaque. Il ne pleuvait pas, mais ici et là le brouillard se condensait à la surface et l’humidité rendait les trottoirs huileux. Ici et là une goutte d’eau pendait, immobile, sur un brin d’herbe ou à la feuille d’une haie. L’air était calme, sans un souffle de vent. Les sons qui perçaient le voile – bêlements de moutons, croassements de corneilles – arrivaient amortis. Le brouhaha de la circulation se fondait en un grondement unique. De temps en temps, il s’enflait puis s’éteignait, comme si une porte s’était ouverte et refermée, ou le voile écarté pour retomber ensuite. « Sale brute », marmottait Crosby en suivant clopin-clopant le sentier d’asphalte

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