Le temps présent C’était un soir d’été ; le soleil se couchait. Le ciel, encore bleu, se teintait d’or, comme voilé d’une mince gaze, et ici et là dans l’immensité d’or bleuté, un îlot de nuage reposait en suspens. En pleins champs, les arbres se dressaient majestueusement caparaçonnés de leurs innombrables feuilles dorées. Brebis et vaches, d’un blanc de perle, ou tachetées, gisaient à terre et mâchonnaient en avançant à travers les herbes à demi transparentes. Tout était encerclé de lumière. Une vapeur rouge et or s’élevait de la poussière des chemins. Les petites villas elles-mêmes, en bordure des grandes routes, devenaient poreuses, incandescentes de clarté et, dans les jardins des chalets, les fleurs mauves et roses, ainsi que des robes de percale, brillaient, veinées, comme éclairée


