VGauguin reposa sa plume sur le rebord d’un pot de pigment. Il pleuvait au-dehors et les bourrasques cinglaient les carreaux de la fenêtre comme des coups de fouet. L’artiste se sentait un peu seul dans ce village breton déserté par le mouvement et les bruits. Il venait d’écrire ces quelques mots à Vincent Van Gogh : « Pont-Aven est en ce moment très triste en raison du mauvais temps, vents et pluies continuelles, et j’attends les beaux jours pour me remettre au travail que j’ai un peu abandonné par suite de maladie. » Il se demandait encore si un voyage en Arles n’aurait pas été plus profitable à sa peinture que cet exil volontaire à la pointe sud de Bretagne. Bien sûr qu’ici, il allait retrouver son inspiration mais il fallait pour cela que ce temps impossible pour la création disparai


