Il y avait quatre semaines déjà que Passiflore se dépensait follement. Nous nous demandions où elle puisait sa force. Elle semblait infatigable. Elle était harassée. Pour passer deux heures auprès de la malade, elle passait trois heures dans les embouteillages, s’occupait du linge, préparait des petits plats qui ouvrent l’appétit. La vie de Lola en avait d’abord été ensoleillée. Maintenant, le charme de la nouveauté s’émoussant, Lola ne recevait pas Passiflore mieux que nous, la laissait repartir avec ses petits plats sans y avoir seulement goûté, ça ne passait pas, refusait tout autant de faire un tour dans le jardin, même s’il faisait beau, chaud, printanier… Si Passiflore voulait savoir d’où venait la fièvre, le chef de service répondait, s’il répondait, qu’on lui avait fait toutes les


