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PDV de Gabriella
‘Mince, mais où est-ce qu’il est passé Éric ?'
C’est le jour de notre mariage et je le cherche partout depuis quinze bonnes minutes.
Il ne répond pas à son téléphone malgré toutes mes tentatives.
Alors, j'ai décidé de fouiller chaque pièce de la maison.
Tous les invités nous attendent pour trinquer et je ne le trouve nulle part.
Je m’appelle Gabriella GIBSON et je viens de me marier aujourd’hui avec Éric GIBSON.
Mon nom de jeune fille était BELMONT. Mais je suis plus que contente de le changer pour mon nom de femme mariée.
J'ai hâte de partager ma vie avec l'homme qui y ait entré cinq ans auparavant et de l'aimer comme il le mérite.
J'ai hâte de franchir ce nouveau cap dans notre relation.
J'ai hâte de me donner à lui pour la première fois.
J'ai aussi un peu peur de ne pas être à la hauteur parce que je n'y connais pas grand-chose en matière de sexe.
Comme il n'a été que douceur et patience avec moi depuis toutes ces années, je suppose qu'il saura me guider et m'aimer avec mes insécurités.
Je vais bientôt avoir vingt-trois et Éric a vingt-six ans.
Je suis tombée sous son charme presque immédiatement. Il faut dire qu'il est mon sauveur et qu'il a été particulièrement courageux sur le moment.
Je l’ai rencontré quelques semaines avant mon dix-huitième anniversaire lorsque je me faisais agresser par des bandits.
Du haut de son mètre quatre-vingt-cinq, il est apparu et a battu les trois hommes avec force et courage pendant que je gisais à moitié nue et déboussolée dans cette ruelle froide et boueuse. Ils se sont enfuis comme des lâches après quelques minutes de combats.
Éric m'a courtisée sans relâche pendant quelques mois après ça. Jusqu'à ce que j'accepte de devenir sa petite amie.
Il est PDG de l’entreprise qui porte son nom depuis six ans et de la nôtre depuis un peu plus de quatre ans.
Notre amour a grandi avec le temps et s'est renforcé avec sa demande en mariage l'hiver dernier.
Je le cherche actuellement partout sur le lieu de la réception, le manoir familial.
Nous sommes censés porter un toast en ce moment avec l’ensemble des invités, qui attendent tous dans le jardin du manoir de ma famille.
Ce manoir, situé dans la périphérie rennaise, en Bretagne, est dans notre famille depuis des générations maintenant.
C’est un bâtiment majestueux de trois étages avec un immense jardin qui accueille actuellement le plus beau jour de ma vie.
Le rez-de-chaussée est composé d’une cuisine, d’une salle à manger, d’un salon, d’une bibliothèque, d’une salle de projection et d’une piscine intérieure.
Le premier servait à mes parents et au bureau de mon père à domicile. Nous y avons aussi quelques chambres d’invités.
Il est actuellement occupé par ma belle-mère, veuve de mon défunt père depuis quatre ans.
Au deuxième étage, il y a ma chambre et celles de mes frère et sœur.
Quatre chambres d’invités supplémentaires et une immense salle de jeux que nous utilisions lorsque nous étions petits.
Le dernier n’est pas exploité, il sert de débarras pour toutes les affaires que nous n’utilisons plus.
Ce manoir me rappelle les années de bonheur que j’ai passé ici avec mes parents avant leur décès.
Maman est décédée, il y a très longtemps, j’étais encore une petite fille de cinq ans. J'ai longtemps pleuré sa disparition.
Mon père, Bernard BELMONT, n'était pas des plus présents pour nous consoler. Il était un PDG occupé par ses responsabilités professionnelles.
Je pense aujourd'hui qu'il s'est davantage plongé dans le travail à cause de sa mort. Pour ne pas y penser et être triste.
Nous venions juste d’accueillir Laurent deux ans avant son décès et cela a été une bénédiction pour moi de l'avoir avec moi.
Nous avons tous les deux été très tristes du départ de ma mère. Elle nous aimait tous les deux de la même manière.
Laurent m'a réconfortée à plusieurs reprises quand je n'allais vraiment pas bien. Tout comme je l'ai fait le soir de son arrivée chez nous.
Après sa période de deuil, mon père s’est remarié avec une femme qui se nomme Jacqueline NORWOOD.
Je ne sais pas ce qu'il pensait en introduisant cette femme et sa fille dans notre vie, mais cela ne nous a rien apporté de bon jusqu'à présent.
Laurent et moi n’aimons pas du tout cette femme, et encore moins sa fille, Nora.
Devant mon père, notre belle-mère et notre demi-sœur étaient toujours mielleuses et toutes douces avec nous.
Mais, dès que papa quittait la maison et allait à l’entreprise, elles devenaient de vraies vipères venimeuses.
Malheureusement pour nous deux, il est décédé il y a presque quatre ans et je ne me suis pas encore complètement remise du choc qu'a été son accident de voiture mortel.
Je m’égare dans mes pensées et mes divagations en parcourant le manoir.
Donc revenons plutôt à la recherche de mon mari. Je ne le trouve toujours pas, malgré mes recherches dans toutes les pièces.
J’ai déjà balayé tout le rez-de-chaussée et le premier étage.
J’ai ouvert toutes les portes une à une.
J’ai même effrayé quelques membres du personnel de cuisine en entrant aussi rapidement.
Je glousse légèrement à ce souvenir d’il y a quelques minutes.
Je suis actuellement au deuxième étage, j’ai déjà ouvert la porte de ma chambre, celle de Laurent.
Je m’apprête à ouvrir celle de Nora même si je ne sais pas ce qu'il serait venu faire ici. Mais, depuis tout à l'heure, je vérifie chaque pièce donc je n'en laisse aucune non visitée.
J’entends soudain un bruit dans la chambre d’amis qui a été aménagée pour notre nuit de noces à tous les deux.
Quelque chose est tombé par terre, je crois.
Ce doit être un membre du personnel qui travaille encore sur la préparation.
Mais la curiosité me prend tout de même et je ne peux m'empêcher de m'approcher.
En m’approchant, j’entends un gémissement féminin. Puis un autre.
Que se passe-t-il là-dedans ? On dit que la curiosité est un vilain défaut, est-ce vrai dans ce cas ?
« Qui ose entrer dans cette pièce alors qu’elle est pour nous ce soir ? Qui oserait souiller notre chambre nuptiale comme ça ? »
Je chuchote pour moi-même et la colère me traverse le cœur.