19

1593 Mots
Mon avocat était venu me trouver à la radio alors que j’étais sur le point d’y entrer. Il avait essayé de me joindre à plusieurs reprises et comme il était toujours annonceur de mauvaises nouvelles, j’avais préféré ne pas décrocher. -Mohamed : Donc maintenant tu as décidé de ne plus répondre à mes appels, c’est ça ? -Moi : Oui. Il y a eu assez de drames dans ma vie alors pas besoin d’en rajouter. -Mohamed : Je suis vraiment vexé. Dieyna, je suis to avocat pas ton ennemi. Crois-le ou non, mais je me démêle chaque jour pour t’innocenter. Il est bien vrai que la police n’a pas encore de preuves solides contre toi mais tu restes sur leurs collimateurs. Ils aimeraient t’entendre à nouveau. -Moi : Encore ? ah non honnêtement, j’en ai marre ! -Mohamed : C’est fatigant je te le concède, mais tu dois rester à la disposition de la police. Je suis venue te chercher afin que nous y allions ensemble. -Moi : Que se passe-t-il encore ? -Mohamed : Mon contact là-bas a dit que ton mari a confié à une tierce personne qu’il pensait que tu avais un petit ami. -Moi : Petit-ami ? Non jamais ! Je ne suis pas une dévergondée ! -Mohamed : STP, remonte dans ta voiture et allons au poste de police. Avais-je le choix ? je m’exécutai en me demandant de quel aimant pouvait-il parler. Je n’y comprenais absolument rien. Mon cœur battait la chamade, autant j’étais à l’aise de raconter mon histoire à la radio autant c’était une toute autre chose au commissariat. Ils me regardaient tous comme s’ils m’en voulaient d’être toujours en liberté. Cela me stressait. Ils m’intriguaient je vous jure. Je comprends pourquoi certaines personnes donnent parfois des témoignages différents à chaque fois. Ils vous mettent une de ces pressions…. On nous fit encore assoir dans cette pièce lugubre qui sentait le renfermé. Mohamed me regarda et je lis entre ses lèvres un : -Mohamed : ça va aller, ne t’inquiètes pas. C’était bien mignon, mais ce n’était pas aussi facile. Tout ce que tu dis de mauvais, de louche ou d’incohérent pourra être retourné contre ma personne. Je devais être prudente et filtrer mes dires. J’inspirai et expirai dès qu’ils traversèrent la porte. Cette fois-ci, c’étaient des têtes différentes. Une femme qi avait l’air encore plus sévère que celle que j’avais l’habitude de voir et un jeune homme : Elle se présenta : -La femme : Bonjour Mme Cissé, vous devez sûrement vous demander où sont les inspecteurs que vous voyez d’habitude, n’est-ce pas ? Disons que leurs efficacités a été remises en cause, d’où ma présence ici. Je suis le commissaire Gomis et voici l’inspecteur Guèye. Merci d’être venue. Mme Cissé que représente M. Bassirou Ndoye pour vous ? Et là je compris enfin de quoi il s’agissait : Moi : Je vous coupe tout de suite, ce n’était pas mon amant. -Commissaire Gomis : Ce n’est pas ma question. Je demande ce qu’il représente pour vous. -Moi : C’était un collègue et voisin je peux dire, mais nos rapports ont pris une autre tournure, le jour où je lui ai demandé de me rendre service. -Commissaire Gomis : Quel genre de service. -Moi : Il faut que je commence depuis le début pour que vous puissiez comprendre. -Commissaire Gomis : Ecoutez, nous n’avons pas toute la journée alors allez-y ! -Moi : Après une longue journée au boulot, je rentrais chez moi, exténuée. Les enfants jouaient calmement avec leurs nounous. Je leur fis un gros câlin puis monta dans ma chambre. La voiture de Jules était dehors ; je trouvai Jules en train de sortir de la salle de bain. Il avait posé un costume beige sur le lit. il avait apparemment un programme : -Moi : Où vas-tu comme ça ? -Jules : Bonsoir d’abord au moins. Je sors avec mes collègues. -Moi : En quel honneur ? Vu ce que tu comptes mettre… -Jules : Nous avions une intervention très complexe qui s’est très bien déroulée et nous devons fêter ça. Nous fûmes interrompus par le vibreur de son téléphone. Je jetai un coup d’œil rapide à l’écran de téléphone et je vis le nom « Maty » sans nom de famille, affiché sur l’écran. Était-ce ma meilleure amie ou une autre ? -Moi : Tu ne décroches pas ? Il prit son téléphone puis sortit de la chambre pour parler. Je sais que Maty était ma meilleure amie et qu’elle ne me trahirait jamais mais j’avais besoin de vérifier. Alors que j’étais sur le point de composer son numéro, Jules entra à nouveau dans la chambre et enfila son costume avant de se parfumer. Il ouvrit son porte-monnaie pour vérifier si sa pièce d’identité y était bien puis me dit : -Jules : Ne m’attend pas. Je risque de rentrer tard. -Moi : Jamais tu ne sors avec moi ? A quoi je te sers hein ? Juste à te faire des enfants et t’occuper de la maison ? -Jules : Parle autant que tu voudras. Tu ne m’empêcheras pas de partir. Il quitta rapidement la pièce. Je me mis à pleurer en serrant mon oreiller fort contre moi. Cet homme qui, il y a quelques années avait tout fait pour que je sois à lui , me traite aujourd’hui comme si j’étais une vieille chaussette. Mon fils et ma fille se tenaient là, devant la porte. Ils me regardèrent pleurer : -Alioune : Maman, pourquoi tu pleures ? C’est à cause de papa ? -Moi : Oui, c’est à cause de papa. Mais ne vous inquiétiez pas. Ça va aller. Satou, viens prendre les enfants stp. J’ai besoin de rester seule. Elle frappa avant d’entrer et prit les enfants par la main. Je sais que je n’aurai pas dû dire aux enfants que je pleurais à cause de leurs pères, mais j’avais laissé la colère prendre le dessus. Je téléphonai à Maty : -Moi : Hello ma belle. Est-ce que tu as téléphoné à Jules aujourd’hui ? -Maty : Non pourquoi ? -Moi : Parce qu’il a reçu un appel d’une certaine Maty et je pensais que c’était toi. Elle se mit à rire : -Maty : Non je regrette. Des Maty il y en a des tonnes ma belle, je te signale. -Moi : Oui c’est vrai désolée. -Maty : ça va ? -Moi : Je n’en peux plus de Jules, Maty. -Maty : Je dois sortir avec mes collègues et ils sont déjà en bas, mais on se rappelle demain. En attendant, tiens bon stp ma puce. -Moi : Ok. Bonne soirée. -Maty : Merci, biz. J’allai prendre une douche et enfilai ensuite une chemise de nuit. Je descendis manger avec les enfants puis demandai à Satou de les border et les mettre au lit. Je savais que Jules me mentait une fois de plus. Avec qui me trompait-il cette fois-ci ? J’avais besoin de parler à quelqu’un. Maty n’était pas disponible et je connaissais Ramata. Elle me dirait que c’est normal, que tous les hommes font la même chose et que ce qui compte c’est qu’il rentre dormir à mes côtés. Il fallait impérativement que je fasse comprendre à mon mari que s’il ne veut pas de moi, quelqu’un d’autre prendra soin de moi. Je téléphonai donc à Bassirou Ndoye. C’était notre coursier au bureau. Il est jeune, gentil et surtout aime prendre soin de lui : -Moi : Bonsoir Bassirou. Serait-il possible que l’on se voit rapidement stp ? Au parking du supermarché qui se trouve vers chez moi ? Bassirou n’habitait qu’à deux pâtés de maison de chez moi. Il n’y trouva aucun inconvénient. La question que je me posais était de savoir s’il serait ok avec mon plan. -Khadija : Ne penses-tu pas que ton mari et Maty aient pu avoir une liaison ? -Moi : Non. Mon mari ne l’aimait pas et me l’avait clairement fait comprendre. Il l’a trouvé trop frivole. J’ai l’impression que tu ne l’aimes pas non plus mais c’est une bonne personne. Elle m’a sortie de la galère plus d’une fois. Je lui dois beaucoup et ce n’est pas pour rien que j’ai supplié Jules de lui donner le prénom de notre fille. -Khadija : Disons que j’ai du flair… Poursuis stp. -Moi : Bassirou gara son scooter à côté de ma voiture puis y monta. -Bassirou : Est-ce que tout va bien ? Je me mis à pleurer devant ce jeune de dix ans mon cadet. Je ne pus retenir mes larmes. Il fallait que je me lâche. Bassirou me regarda d’un air inquiet : -Bassirou : Mme Cissé, que se passe-t-il ? -Moi : J’ai besoin de ton aide. Puis je compter sur toi et ta discrétion ? -Bassirou : De quoi s’agit-il Mme Cissé ? -Moi : Je veux que tu te fasses passer pour mon petit ami. -Bassirou : Non Mme ça je ne peux pas. Vous êtes la femme de quelqu’un. -Moi : La femme de quelqu’un dis-tu ? Mon mari drague tout ce qui bouge ! Il me ment constamment. Il me calcule à peine. Tout ce que je te demande c’est de m’envoyer des messages gentils du genre, j’espère que ça va. Je pense à toi, laisse-moi prendre soin de toi. Je te paie si tu veux. Je te donnerai des sous pour me livrer des cadeaux et fleurs anonymement. Stp acceptes. Je veux juste rendre mon mari jaloux. Je veux qu’il fasse à nouveau attention à moi alors aide-moi stp.  
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER