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1533 Mots
Il est bien vrai que M. Kébé est assez spécial, mais je l’aime bien. Il avait fait son cursus universitaire en Belgique et y a travaillé longtemps avant de décider de rentrer au Sénégal et ouvrir son entreprise. Il est marié à une Belge et a d'ailleurs une photo d'elle sur sa table. J’adore sa mentalité. C’est le genre d’homme avec qui on peut aborder n’importe quel sujet sans craindre d’être jugé. Je n’avais pas envie de rentrer et de me prendre la tête avec mon mari, une fois de plus, alors je restai tout l’après-midi discuter avec mon nouveau boss : -M. Kébé : Avez-vous des enfants ? -Moi : Oui, j’en ai deux. Une fille et un garçon. Et vous ? -M. Kébé : J’ai une fille de quinze ans. Je me mis à écarquiller les yeux : -Moi : Quinze ans ? -M. Kébé (amusé) : Je me suis marié alors que j’étais alors étudiant. Ma copine de l’époque qui est mon actuelle épouse est tombée enceinte avant que nous nous marions. Donc voilà. C’était ma concubine. -Moi : Comment votre famille a-t-elle pris tout cela ? -M. Kébé : Très mal. Mon père était très conservateur et le fait de savoir que je vivais avec une blanche et que cette derrière était enceinte. Il est allé le dire à toute la famille et ils se sont tous ligués contre moi. Mais bon, c’est ma vie après tout et ils ont fini par accepter la situation. Et puis savez quand vous ils ont des soucis d’argent, ils viennent tous se ruer chez moi. -Moi : C’est toujours comme ça ! -M. Kébé : Cependant, je pense qu’il est temps pour moi de prendre une seconde épouse mais Sénégalaise cette fois. J’ai déjà une Toubab donc je veux une Sénégalise pure souche. Les Sénégalaises assurent vraiment. -Moi : Est-ce que votre épouse sera d’accord avec ça ? M. Kébé : A-t-elle le choix ? Nous en avons parlé à plusieurs reprises. -Moi : En tout cas moi, je ne permettrai pas que mon mari prenne une seconde épouse ! C’est impensable ! M. Kébé : Un petit conseil : ne défiez jamais votre homme ! Avec notre, égo si vous nous poussez trop à bout on peut commettre l’irréparable rien que pour vous prouver que nous sommes ceux qui portons la culotte. -Moi : Merci pour ce précieux conseil. J’essaierai d’en prendre bonne note ! -M. Kébé : Bon, on a assez papoté. Je vous libère. Allons retrouver nos foyers. -Moi : Oui. Au revoir M. Kébé et merci. -M. Kébé : Anytime ! Je sortis de son bureau toute contente. J’avais enfin trouvé le job de mes rêves. Sans compter que mon salaire me permettrait désormais de voyager autant que je le voudrai. Arrivée à la maison, je trouvai Jules assis à table en train de manger avec la nounou et les enfants. Cette dernière était assise à ma place. J’aurai pu péter un câble, mais je n’en fis rien. J’avais passé une tellement bonne journée que je ne laisserai rien venir la plomber. J’entrai dans le salon pour dire bonsoir et embrasser les enfants. Je montai ensuite prendre une bonne douche. cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas été aussi heureuse, depuis l’annonce de ma deuxième grossesse. Vous vous demanderez pourquoi pas la première ? Parce que je trouvais que je suis tombée trop vite enceinte. J’eus à peine le temps de profiter de mon ménage avec Jules, que hop Amadou vint au monde. Je n’étais pas prête et j’étais terrifiée. J’avais peur de me transformer. Vous savez d’avoir le nez qui grossit, de prendre beaucoup de kilos ou même d’avoir des masques de grossesse. C’est une étape de la vie qui change… Et vous savez qu’au Sénégal, on a tendance à dire que lorsqu’une femme est enceinte, son mari passe son temps à faire la cours ailleurs. Je n’ai jamais su pourquoi d’ailleurs. Jules l’avait-il fait ? Pas à ma connaissance en tout cas. M. Kébé m’avait redonné confiance en moi. Je me sentais jolie et toujours capable de plaire. Je sais ce que vous pensez. Je suis une femme mariée donc comment puis-je être heureuse qu’un autre homme pose son regard sur moi ? Honnêtement je ne culpabilisais pas. Savez-vous pourquoi ? Parce que je passe mon temps à me pouponner, à me faire belle pour un homme qui ne regarde même pas. J’étais arrivée à un stade où je me demandais s’il ne me trouvait plus jolie ou attirante. J’avais besoin de ce coup de pouce pour décoller. Alors que je m’habillai en chantonnant, Jules entra dans la chambre et me dit : -Jules : Que nous vaut cette bonne humeur ? -Moi : Figures-toi que j’ai un nouveau job ! -Jules : Comment ça un nouveau job ? -Moi : J’ai fait un entretien tout à l’heure et j’ai été prise en tant que Directrice Marketing et Communication. -Jules : Tu as fait un entretien pour un nouveau job et tu n’as même pas pensé à m’en informer avant ? -Moi : Jules, je n’avais vraiment pas le temps. Tout s’est passé très vite. Le plus important c’est que j’ai ce job,. -Jules : Tu ne t’es jamais demandé pourquoi j’allais voir ailleurs hein ? -Moi : Ah donc tu admets que tu vas voir ailleurs ? -Jules : là n’est pas la question. Ton père était un homme que j’estimais beaucoup et s’il m’a choisi c’est parce qu’il savait qu’avec ton tempérament là, si tu étais tombé sur un autre homme que moi, ton ménage n’aurait pas duré. Nul n’est parfait certes mais toi tu es très loin de la perfection. Tu n’es pas une bonne épouse, tu n’es pas douce, tu ne t’occupes ni de tes enfants ni de ton mari. Ta vie ne tourne qu’autour de ta personne. Ma mère et mes sœurs t’adorent et tout mais depuis quand n’y as-tu pas mis les pieds ? Quand elles t’entendent c’est parce que c’est elles qui te téléphonent. A quand remonte la dernière fois où tu as offert quelque chose à ma mère? Si je ne m’abuse c’était le jour où je vous ai présentées. Notre sexualité, j’en passe. Tu dors avec ce que tu veux. Tu ne portes même plus les nuisettes que je t’ai achetée. Malgré ça, j’essaie d’être un bon époux. La nounou est même plus une femme et une maman que toi. Ce que j’aimerai que tu fasses, c’est ton MEA CULPA. Essaie de voir pourquoi grand nombre de mes amis te déteste. essaie de te demander pourquoi notre couple n’est plus comme avant. Je suis fatigué Dieyna, fatigué de constamment me disputer avec toi, fatigué de te faire comprendre qu’une femme ne doit jamais élever la voix quand son mari parle. Tu me reproches de ne pas te traiter comme une épouse alors que tu ne traites pas comme un époux ? je t’avais dit de ne pas venir chez Marietou mais tu m’as défié en venant quand même. Tu penses que c’est ainsi qu’une épouse doit se comporter ? Je t’exhorte à faire des recherches quant à la conduite qu’une bonne épouse, m*******e de surcroit, doit adopter. -Moi (en applaudissant) : Tu as fini ton speech ? Merci pour la psychologie inversée Jules. Tu as vraiment raté ta vocation. Tu es un bon époux toi ? J’ai beau me faire belle pour toi, tu ne me regardes pas. tu ne me fais l’amour qu’après une dispute sinon tu peux très bien t’en passer. Avant de venir me pointer du nez, commence par toucher le tien ! -Jules : Je peux clamer haut et fort que je suis un bon époux ! Je t’ai mis dans d’excellentes conditions. Tu as une femme de ménage à ta disposition et une nounou. Tu ne fais rien dans cette maison à part donner des directives. Je te donne de l’argent de poche, la dépense quotidienne, je fais le plein de ta voiture tous les mois. Je paie la crèche des enfants ainsi que les employés. Je ne découche jamais. Quoiqu’il se passe, je suis à la maison alors je peux clamer haut et fort que je suis un bon époux. J’aurai pu prendre une seconde épouse ou divorcer, comme beaucoup d’hommes l’auraient fait s’ils étaient à ma place. Mais je ne le ferai pas car j’ai promis à ton père de ne jamais te laisser tomber. -Moi : Il est mort, alors si ça peut te soulager, tu n’as qu’à demander le divorce ! -Jules : Tu vois ? Dès que j’essaie de te rappeler à l’ordre tu sors tes griffes pour attaquer. Si je perds mon temps, ma salive et mon énergie à essayer de te ramener à l’ordre à chaque fois, c’est parce que je t’aime encore Dieyna. Et c’est vraiment dommage. Je veux que tu retiennes une chose : c’est que chaque personne a son seuil de tolérance et cris-moi quand j’aurai atteint le mien, ce qui se passera ensuite ne te plaira pas du tout. A bon entendeur, salut ! -Moi : Tes menaces tu te les gardes. Maintenant, tu m’excuseras, j’ai quelque chose à fêter.
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