Félix roule pendant des heures. La moto fend la nuit, avale les kilomètres sans que son pilote ne dise un mot. Zaya est toujours inconsciente, lovée contre lui, son corps inerte ne pesant plus rien, et pourtant si lourd pour sa conscience. Lorsqu’il atteint enfin une vieille bâtisse reculée, il coupe le moteur. Le silence qui l’accueille est presque assourdissant. Il descend, soulève Zaya dans ses bras et pousse la porte d’une chambre humide, tapissée d’aconit. Il la dépose avec précaution sur le lit, l’observe un instant. Ses traits sont détendus, mais ses paupières trahissent la lutte intérieure. Un pincement serre la poitrine de Félix. Il passe une main dans ses cheveux et souffle longuement. Il n’a pas le choix, se répète-t-il. Il fait ça pour Alex. Pour leur avenir. Pour la meute. Po


