01. Je dois partir
........
Je me suis levé pour sortir de la chambre sans me retourner. Je suis blessé, je suis triste et je ne veux voir personne. Quand je suis passé devant leur salon j'entends Assane m'appeler mais tout est flou pour moi, je marche sans me retourner.
Beaucoup de phrases me passent par la tête.
Si seulement j'avais lu le journal avant, si seulement Cherifa avait pu me parler le jour de la Saint Valentin, si seulement j'avais été moins impulsif, si seulement je n'étais pas allé chez Nancy ce soir-là, si seulement, si seulement....
L'équation devient de plus en plus complexe, maintenant un enfant nous lie Nancy et moi, ce n'est pas n'importe quoi on parle d'une vie là. Maintenant qu'on en est arrivé là je dois parler à mes parents.
J'appréhende beaucoup la réaction de papa. J'aurais vraiment honte de lui raconter tout ce qui s'est passé dans les yeux. J'ai pensé alors à partir chez Ousmane et j'ai envoyé un message à Papis pour qu'on se rencontre là-bas. Il n'a pas encore répondu mais je sais qu'il va nous rejoindre après.
Je suis arrivé en premier et on s'est installé dans le salon en buvant du thé en attendant.
Ousmane : boy alors tu ne comptes pas te remettre avec Cherifa ?
Moi : c'est elle qui ne veut pas.
Ousmane : ah oui elle est au courant pour cette nuit avec Nancy.
En fait Papis et moi avons tout raconté à Ousmane quand il est revenu de son voyager il y'a une semaine.
Moi : il n'y pas que ça.
Ousmane : Qu'est-ce que tu as encore fait? Plus rien ne me surprend venant de toi.
Moi : Nancy est enceinte.
Ousmane : quoi ? De toi ?
Moi : de qui veux-tu que ça soit ?
Ousmane : le cas est devenu plus critique.
Moi : je ne sais pas comment l'annoncer à mes parents.
Ousmane : il le faut, maintenant tu es obligé.
Moi : j'aurai vraiment honte.
Ousmane : qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ?
Moi : aucune idée, Je ne peux pas me marier avec une femme juste parce qu'un enfant nous lie. Je veux être un père parfait mais aussi un mari parfait et je dois aimer ma femme pour ça, je ne peux pas tricher.
Ousmane : et Cherifa dans tout ça ?
Moi : je pense qu'elle m'a pardonné le fait que j'ai couché avec Nancy mais elle ne veut pas me séparer de mon enfant.
Ousmane : elle a vraiment un grand cœur.
Moi : ouais et c'est ce qui m'énerve, je l'aime encore plus après son comportement d'aujourd'hui.
Ousmane : vraiment je n'ai plus de mots.
C'est à ce moment que Papis est entré dans l'appartement. On a tous les clés car Ousmane vit seul. Et on a décidé que c'était notre maison à tous les trois. Il nous rejoint et sans saluer il s'est jeté sur le canapé sur lequel j'étais assis.
Moi : bonjour.
Ousmane : qu'est-ce que tu as ?
Papis : je n'ai pas dormi hier.
Moi : et c'est pour ça que tu arrives ici comme ça ?
Papis : Mamie doit se marier samedi.
Moi : C'est qui Mamie ?
Papis : Mamie, la mienne. La fille avec qui je suis sorti pendant huit ans.
Ousmane : c'est toi l'heureux élu ?
Papis : tu te moques de moi ou quoi ?
Moi : tu es trop c*n Ousmane.
Ousmane : je demande simplement.
Moi : Papis explique nous tout depuis le début, quand est-ce que vous avez rompu ?
Papis : on avait pas rompu afin pas avant hier, je sentais qu'on était plus comme avant, mais c'était de sa faute, elle était toujours occupée on ne se voyait plus. Hier elle m'appelle comme ça sans gêne hein pour me dire qu'elle va se marier samedi
Ousmane : elle est vraiment une moins que rien.
Moi : non elle n'ose pas p****n ? Elle t'a donné des explications j'espère.
Papis : je ne veux pas de ses explications.
Moi : je suis sous le choc.
Ousmane : c'est dur mais là tu n'as plus le choix essayes de passer à autre chose.
Moi : un conseil ne sort pas avec la première fille pour essayer de l'oublier.
Ousmane : exactement tu prends ton temps jusqu'à ce que tu sois complètement guéri.
Papis : ça fait plus mal que vous ne le croyez.
Moi : sérieux je sais que c'est dur mais tu ne peux rien faire contre ça.
Ousmane : peut-être que Dieu te réserve mieux.
Moi : bon je vais pas trop t'ennuyer avec mes problèmes tu en as déjà assez mais je dois partir maintenant j'ai des trucs à régler.
Ousmane : ouais on fait comme ça, Bachir appelle moi après pour me mettre au courant.
Moi : ça marche.
Papis : qu'est-ce qui se passe ?
Moi : Nancy est enceinte et je dois prévenir mes parents maintenant
Papis : quoi ? Mais comment tu te sens ?
Moi : Papis tu as déjà assez de problèmes comme ça, moi je vais gérer. On en reparlera ok ? Dis-je en me levant, je dois y aller maintenant.
Ousmane : ok au revoir.
Papis : tu nous tiens au courant.
Moi : sans faute.
Je suis sorti pour aller chez moi. Honnêtement j'ai envie que le trajet dure très longtemps. Mes parents seront plus qu'énervés. Déjà maman racontait partout dans la famille que j'allais bientôt me marier. Papa m'avait toujours demandé de me comporter avec une femme comme je voudrais qu'on se comporte avec mes sœurs.
******************
Quand je suis arrivé à la maison, je pars dans la chambre de mes parents pour leur parler. Je frappe à la porte et c'est maman qui m'a ouvert la porte.
Maman : Bachir c'est toi ? Tu ne nous as pas prévenu en sortant.
Moi : oui désolé j'avais un problème urgent à régler.
Maman : ces temps-ci tu n'es plus le même si tu as un problème dis-nous.
Moi : justement je dois vous parler, où est papa ?
Maman : il est dans son bureau.
Moi : s'il te plaît est ce que tu peux venir avec moi ?
Maman : Bachir tu me fais peur là.
Moi : ce n’est rien maman.
Maman : ok allons-y !
On est descendu ensemble pour rejoindre papa dans son bureau. Comme d'habitude il est toujours en train de lire. Quand il nous a vu entrer il a retiré ses lunettes
Papa : waouh Farah ici ?
Maman : oui moi ici, ton fils veut nous parler.
Papa : Ah oui ? Rien de grave j'espère.
Moi : pas trop bon maman tu peux t'asseoir d'abord.
Maman : ok mais parle vite.
Moi : ok ! Bon d'abord je tiens à m'excuser parce vous m'avez donné la meilleure des éducations mais c'est moi qui ai fauté.
Maman : Bachir qu'est ce qu'il y'a me demande-t-elle trop nerveuse ?
Moi : Nancy est enceinte de moi.
Maman : pardon ?
Papa : ce n’est pas possible Bachir mais j'espère au moins que tu t'es trompé de prénom dit-il énervé. Nancy ou Cherifa ?
Moi : j'ai bien dit Nancy.
Maman : Bachir tu es vraiment une mauvaise personne.
Papa : vous êtes tous les deux des irresponsables, vous nous avez déçu dit-il en criant.
Papa tremble de colère. Je suis au bout de ma vie.
Maman : Nancy je l'appréciais et... comment vous avez pu faire ça la veille de ton mariage en plus.
Moi : j'avais un problème avec Cherifa, on a rompu je ne l'ai jamais trompé.
Papa : la ferme ! Tromper ou pas ta religion ne te le permet pas ça.
Moi : mais papa ?
Papa : ne me dis pas papa, s'il te plaît dit-il en se levant.
Moi : je suis désolé.
Papa : je pensais que j'avais fait de toi un homme bien mais apparemment non, tu couches avec une fille alors que tu es fiancé, j'ai tout fait pour mes enfants, et là tu me fous la honte. Tu m'as trahi Bachir.
Moi : je ..
Papa : je n'arrive pas à le croire, pourquoi tu nous fais ça, je ne mérite pas ça. Quelle honte !
Moi : c'était une erreur j'accepte.
Papa : tu peux la fermer s'il te plaît.
Maman : tu n'as rien à dire, Bachir tu m'as vraiment déçu.
Papa : tu n'as qu'à assumer tes responsabilités, dit-il avant de sortir en claquant la porte.
Maman : je n'ai jamais pensé à ça venant de toi.
Moi : maman pardonne moi
Maman : et Cherifa dans tout ça ?
Moi : elle me demande d'assumer mes responsabilités.
Maman : Fais ce que tu veux, me dit-elle avant de sortir.
J'ai trop honte. Mes parents ne méritent pas ça. Mon père s'est toujours ouvert à moi, il est mon complice, mon conseiller, il ne nous a jamais fait du mal. Je ne peux plus rester avec eux dans la maison. Il faut que j'aille chez ma sœur, peut-être qu'elle pourrait parler à mes parents.
J'arrive chez elle vers 20h. Momar a ouvert la porte est apparemment il est un peu surpris.
Momar : Bachir tu sembles fatigué là.
Moi : bonsoir Momar, oui j'ai un petit problème, ma sœur est là ?
Momar : oui elle dans la cuisine, entre !
Moi : merci, dis-je en rentrant.
Momar a refermé la porte avant de me suivre. Il m'a demandé d'attendre Kiné dans le salon. Elle arrive une minute après. Quand elle est rentrée elle s'est assise à côté de moi. Elle m'a juste pris dans ses bras.
Elle connaît toute l'histoire, c'est inutile de parler. Je ne peux pas m'empêcher de verser quelques larmes. Je suis un homme mais j'ai bien le droit de pleurer dans les bras de ma grande sœur.
Kiné : ça va aller Bachir.
Moi : je ne sais même pas ce qui fait le plus mal, Cherifa est partie loin de moi, papa et maman ne peuvent plus me voir.
Kiné : c'est normal j'essayerai de parler avec eux.
Moi : maintenant un enfant me lie avec Nancy, je n'ai pas de sentiments pour elle, et je ne sais pas quoi faire.
Kiné : en tout cas Cherifa et Nancy sont toutes les deux prêtes à se sacrifier pour ton bonheur, eu as vraiment de la chance.
Moi : la chance tu crois ?
Kiné : oui parce que malgré tes conneries. Elles te n’en veulent pas.
Moi : c'est pour cela que je m'en veux tellement, Cherifa a dit qu'elle ne va jamais me séparer de mon fils, et c'est pour cela qu'elle est obligée de partir.
Kiné : tu sais ce qui te reste à faire.
Moi : comment dois-je faire ?
Kiné : tu sais où trouver Nancy, je ne te dis pas d'aller te remettre avec elle mais vous devez parler et trouver une solution, c'est votre enfant à tous les deux.
Moi : tu as parfaitement raison.
Kiné : tu es un homme bien, sois juste un père exemplaire pour ton futur bébé.
Moi : d'accord je vais essayer de suivre ton conseil.
Kiné : il faut partir chez Nadia, elle te dira comment faire.
Moi : ne me parle pas d'elle.
Kiné : mais c'est la seule qui peut t'aider, on ne connaît pas l'adresse de Nancy nous.
Moi : donc tu me conseilles d'aller chez elle.
Kiné : non tu sais ce qu'on va faire, tu vas rester dîner ici et tu vas dormir ici le temps que les parents se calment, je vais prendre soin de toi comme au bon vieux temps et ne t'inquiète je vais prévenir les parents.
Moi : pourquoi tu es si gentille comme ça ?
Kiné : même si on est très différent tous les deux, et que je ne suis jamais d'accord avec toi je n'aime pas te voir triste.
Moi : je suis le premier petit frère que tu as eu.
Kiné : justement
Moi : en tout cas merci pour tout.
Kiné : c'est normal, demain je vais appeler Nadia pour que puissiez échanger calmement.
Moi : d'accord.
Kiné : allez viens je vais servir le dîner.
*****************************
Le lendemain, puisque c'est un dimanche on s'est réveillé un peu tard. Après avoir pris notre petit déjeuner, Kiné a appelé Nadia pour qu'elle vienne chez elle afin qu'on puisse parler calmement. Quand elle est arrivée Momar et Kiné en ont profité pour aller chez mes parents et leur parler calmement de la situation. J'espère juste qu'ils vont être plus calmes. J'ai demandé à Kiné de me rapporter quelques vêtements. Quand ils sont sortis j'ai amené Nadia dans le salon pour qu'on puisse discuter tranquillement.
Nadia : alors Bachir, tu vois les conséquences de tes actes ? me dit-elle avant même de s'asseoir.
Moi : je ne veux pas me disputer aujourd'hui je suis au courant pour Nancy.
Nadia : j'espère que tu vas assumer.
Moi : Nadia écoute moi, je suis loin d'être un monstre.
Nadia : alors qu'est-ce que tu comptes faire ?
Moi : je veux savoir déjà comment elle se sent actuellement.
Nadia : elle n’est pas bien, d'ailleurs je vais la rejoindre pour l'assister pendant sa grossesse.
Moi : tu n'iras nul part, elle porte mon enfant et je veux suivre sa grossesse, je prendrais tout en charge je veux qu'elle revienne à Dakar.
Nadia : c'est maintenant que tu la veux près de toi parce que tu sais qu'elle porte ton enfant.
Moi : oui et j'irais la chercher moi-même.
Nadia : monsieur vient de se réveiller.
Moi : s'il te plaît donne-moi tous ses coordonnées.
Nadia : je te l'enverrais.
Moi : super !
Nadia : bon moi je m'en vais, au fait j'ai oublié de te demander, comment elle va ta fiancée ? Demanda-t-elle en rigolant.
Moi : Nadia s'il te plaît tu peux sortir calmement.
Nadia : hey doucement ! je demande tout simplement, me lance-t-elle avant de sortir.
*****************************************
Deux jours sont passés et je suis retourné chez mes parents. Mon père me salue quand on se croise le matin mais il ne parle pas, ma mère elle me parle moins souvent. Je leurs ai demandé la permission pour aller voir Nancy et la ramener ici et mon père est d'accord.
J'ai déjà un visa pour les usa, je dois juste avoir une permission de mon patron et un budget assez grand, j'ai utilisé l'argent que j'avais réservé pour la dot de Cherifa. Et oui, j'ai besoin d'argent et je ne peux pas demander à papa, j'ai mon travail et je dois être indépendant.
Le vendredi j'ai pu prendre un vol direction le pays d'Obama. Nancy ne sait toujours pas que je suis au courant de son état, mais Nadia à déjà tout planifier afin que je puisse la retrouver.
Je ne sais pas comment elle va réagir, je ne sais pas si elle va accepter de me suivre ou pas mais le destin me mène vers elle. C'est dans l'incertitude totale que je me dirige vers elle.