Île Verte 2012L‘orage prit Arnaud totalement au dépourvu. Il rentrait chez lui en cheminant sur le sentier au bord des falaises. Bercé par la tiédeur de l’air, par le rythme de sa marche et par l’intensité de sa rêverie, il n’avait pas remarqué que la douceur ambiante avait disparu et que la luminosité s’était estompée. Des nuages noirs avaient mangé le soleil et, peu à peu, avaient avalé la chaleur et la lumière. Un vent chargé d’iode, venu du large, poussait la lourde caravane sombre des nuages à travers le ciel rétréci. Arnaud ne sentait rien, n’entendait rien, ne voyait rien. Ses pensées étaient totalement absorbées par une fillette qui avait vécu sur cette même île, soixante-dix ans auparavant. Pour lui, l’Histoire se transformait de sujet rébarbatif au collège en aventure palpitant


