2007. Villa de Boisseau, Coppet.Elisabeth agitait le berceau d’Henri et chantait très bas. Le petit garçon luttait contre le sommeil, combattant le mouvement irrépressible de ses paupières. Cet enfant avait toujours peiné à s’endormir, il avait besoin de sa mère, de son regard, de sa voix, de son odeur, pour accepter de perdre conscience. Il respirait doucement, il s’était enfin endormi. Elisabeth regarda par la fenêtre. L’agitation dans la villa des McNeil avait cessé. Cet après-midi, quelqu’un avait bâché la piscine, descendu tous les stores. Matthew n’était pas venu. Une agence immobilière avait vendu la maison, des déménageurs avaient emballé et rangé les meubles dans des camions et Mme McNeil était partie en taxi, sans rien dire. Elisabeth compta : deux ans. Elle n’avait pas vu Matt


