1992. Villa McNeil, Coppet.Elisabeth sirotait un jus d’ananas. M. McNeil et Matthew jouaient dans l’eau de la piscine. Le moteur de la Porsche, la voiture que François Branex s’était offerte pour les sorties du week-end, couvrit leur rire. Elisabeth se leva et se planta à la lisière du terrain des McNeil. Elle croisa le regard de sa mère. La bouche de Francine forma les mots rentre, immédiatement, mais les sons ne sortaient pas. Elle n’osait jamais crier devant les gens, encore moins devant ses voisins britanniques. Elle rabattit rageusement son cabas sur sa poitrine, comme si elle pouvait cacher sa fille par ce geste. Elisabeth, qui ne portait qu’un petit slip de bain jaune, lui tira la langue. De rage, Francine claqua la portière de la voiture et François Branex demanda plaintivement :


