2005. Café de la Bonbonnière, Carouge.L’échographie s’était parfaitement déroulée, la pesée également. Tout allait pour le mieux. Elisabeth avait décidé de s’offrir un chocolat chaud et une tartelette aux fraises. La mousse onctueuse du lait et l’acidité du fruit, un couple mal assorti, un sommet de finesse et de plaisir. Elle trépignait d’impatience, cherchait l’introuvable serveuse lorsqu’elle les aperçut. Serrés, l’un contre l’autre, sur la banquette en cuir beige. Ils se protégeaient, s’enroulaient. Les cheveux blonds de Wilhelm brillaient dans la lumière chaude de ce recoin de café. Ils relevaient la peau sombre de la jeune femme dont il effleurait les doigts. Elisabeth remarqua que sous la table, l’une des mains de son mari caressait les longues jambes qui semblaient nues, tant les b


