IISur la table de la grande salle du manoir, Catherine déposa une lourde soupière d’argent. C’était, là encore, une règle établie par Linda : on ne se contentait plus, à Ty an Heussa, de plats de terre grossiers, comme dans l’ancien temps, mais on se servait de ces pièces de riche orfèvrerie qui avaient longtemps dormi dans le coffre du souterrain, après avoir été arrachées aux épaves par les gars de Porspoët. Catherine avait peu changé durant ces dernières années. Peut-être sa haute taille s’était-elle un peu tassée, son visage osseux était-il devenu plus maigre et plus anguleux encore... Mais les petits yeux de charbon brillaient toujours du même éclat et sous la coiffe blanche l’expression demeurait dure, le sourire obséquieux et cruel. – Où est Miguel ? demanda Edern. Est-il prévenu


