Épisode 03

1186 Mots
03 (LE POINT DE VUE : AMÉLIE) Macy et moi sommes assises en train de prendre le petit-déjeuner tout en regardant New Girl. On adore cette série. Jess est tout le contraire de moi, et c’est justement pour ça que je l’adore. Macy, elle, ressemble plus à Jess. Elle est artistique, elle adore peindre. Elle organise des expositions tous les cinq mois. C’est ce que j’admire le plus chez elle. — Je te nourris littéralement, t’es comme mon enfant, me dit Macy. — Je sais pas cuisiner, May. Si j’essaie, je risque de foutre le feu à la cuisine, je réponds. — Je pourrais t’apprendre à cuisiner, ce serait marrant et sûrement plus prudent, parce que Dieu sait que t’es capable de faire brûler de l’eau. On éclate de rire toutes les deux. — J’ai pas envie d’apprendre. Je suppose que mon compagnon devra cuisiner pour moi, je dis en souriant. — Je suppose que oui. Il ou elle devra t’éloigner de la cuisine s’il ou elle veut survivre. Tes enfants se planqueront sous la table dès que tu entreras dans la cuisine. Macy rigole. — May ? Tu comptes lui dire ce que tu ressens aujourd’hui ? je demande en riant. Macy prend la télécommande et met la série en pause. Elle se tourne vers moi et son visage change. Elle a l’air inquiète, presque effrayée. Ses grands yeux marron deviennent humides. Macy est magnifique avec ses longs cheveux bruns foncés et ses beaux yeux chaleureux. Elle a un visage rond et souriant. Elle ne pleure jamais, sauf quand c’est vraiment grave. — May, qu’est-ce qui va pas ? Qu’est-ce qui s’est passé ? je lui demande en essuyant la larme qui coule sur sa joue douce. — Faut que je te dise quelque chose. Tu dois me promettre de pas te fâcher. Je sais que t’étais en colère quand j’ai commencé à passer du temps avec Caleb, parce qu’on est comme des sœurs depuis toujours, mais je… Je l’interromps doucement. — Peu importe ce que tu veux me dire, dis-le simplement. Je me fâcherai pas, je te le promets. Je lui fais un sourire rassurant. — Amy, je suis enceinte, dit Macy. Je fronce les sourcils. Je scrute son visage et je comprends qu’elle dit la vérité. Je suis en train d’enregistrer l’information. Macy est enceinte. Elle va être maman, à vingt ans. Je suis pas en colère comme elle s’y attendait. Je suis juste confuse. Un peu triste aussi. Je la regarde encore. Elle a l’air si heureuse. Elle va avoir un bébé, et elle est heureuse. Je suis perturbée parce que Macy a toujours dit qu’elle voulait pas d’enfants jeunes. Peut-être qu’elle a changé d’avis. Y’a rien de mal à ça. C’est juste que maintenant je vais devoir la partager avec quelqu’un d’autre. Ce sera plus seulement May et Amy. Macy va fonder une famille. On ne pourra plus sortir la nuit, se saouler, manger de la réglisse et courir dans le noir jusqu’à trois heures du matin. Je suis à la fois triste et heureuse. Je vais être tata. Et je compte bien être la tante la plus cool de tous les temps. Une larme glisse sur ma joue. Je sors de mes pensées, je souris et j’embrasse Macy. — Je suis tellement heureuse pour toi, May. On va avoir un bébé, je dis. Macy rigole et me serre très fort dans ses bras. On pleure ensemble, mais je pense qu’on pleure pas pour les mêmes raisons. On finit par arrêter de pleurer, on s’essuie le visage. Je regarde l’heure. Il est 13h30. — Oh, faut qu’on aille à cette réunion de meute, dit Macy. — J’y vais avec mes parents, May. On se voit plus tard. — D’accord, à ce soir Amy. Et n’oublie pas de m’apporter mes chips barbecue, dit Macy. — Wouah, t’es si exigeante, May. Je suis déjà devenue ta bonne ou quoi ? je dis en me levant du canapé. Je vais du côté où j’ai laissé tomber mon sac à main, mes clés et mon téléphone. Je range mon téléphone dans mon sac. — Oui, ça va durer neuf mois, et ensuite t’es libre, dit Macy. On rigole. Je sors du salon. Je traverse le couloir et j’atteins la porte d’entrée. Je l’ouvre et je sors, puis je la verrouille. Je m’approche de ma voiture, je monte dedans et j’envoie un message à ma mère pour lui dire que je la retrouve devant la meute. Je conduis pendant dix bonnes minutes avant d’arriver sur place. Je vois les gens se rassembler devant la meute. Je repère ma mère, mon père et Ivan, exactement là où ils avaient dit qu’ils seraient. Je gare la voiture et je sors. Je me dirige vers eux et je serre d’abord maman dans mes bras. — Hé maman, tu m’as manqué. Elle me serre et m’embrasse la tête. Je serre mon père à son tour. — Amy, tu devrais rentrer plus souvent à la maison. Ta mère et moi, tu nous manques parfois. J’embrasse la joue de mon père. — Tu m’as manqué aussi, papa. Je vais vers Ivan et je le pousse. — T’étais pas prêt, abruti. Tu devrais savoir que j’allais faire ça, je dis à Ivan en souriant. Il se redresse et se dépoussière. — Tu m’as manqué, et puis je me suis souvenu de qui t’étais, dit Ivan. — Tu m’as manqué aussi, petit frère, je dis en le serrant dans mes bras. Il me serre lui aussi. — La famille royale visite les meutes pour trouver la compagne du prince Xavier. Jusqu’à présent, ils ont pas eu de chance. Ils ont déjà visité quinze meutes, dit maman alors qu’on commence à marcher vers l’avant de la meute. — Ouille, dit Ivan en même temps que moi. Je souris. Ma famille m’a vraiment manqué. Maman nous regarde tous les deux d’un air réprobateur. — Amélie, c’est un honneur d’être en présence de la famille royale, dit-elle. On approche de l’avant de la meute. — T’as même pas pensé à t’habiller un peu mieux ? Bizarre, dit Ivan. — Et toi t’as toujours pas eu le cran de demander à Emily de sortir, mauviette, je réponds. Apparemment, maman ne savait pas qu’Ivan aimait Emily. Elle lui lance un regard noir. — On en reparlera plus tard, dit-elle. — Bonne chance, elle est énervée que tu lui aies rien dit, je murmure à Ivan. Il me pousse doucement. Je me moque de lui parce que ses joues deviennent rouges comme des tomates. On arrive enfin à l’avant de la meute. Tout le monde est aligné par ordre alphabétique selon son nom de famille. Kat a toujours l’air mal à l’aise. Depuis que je suis sortie de la voiture, elle l’est encore plus. Je comprends pas pourquoi. Peut-être qu’elle sent que quelque chose va mal tourner. Un danger imminent ? Mais comment ce serait possible ? On est une meute forte. Et puis, la famille royale est là. Ça veut dire qu’on aura leur aide si une attaque devait avoir lieu. Ou alors, j’ai juste vraiment besoin d’aller courir.
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