Quand je me relève, je ne parviens plus à poser mon pied sur le sol. Je dois enlever ma chaussure et claudiquer jusqu’à la voiture où Thomas jette un regard rapide à ma cheville, digne des sculptures de Botero. Elle a exagérément gonflé et s’est déjà teintée de noir. « Tu vas être belle pour le mariage. » Tel est son unique commentaire, auquel je ne réponds rien. Arrivés à la maison, je repars à pied en clopinant et me traîne péniblement jusqu’à l’école de Tom. Des larmes, désormais acides, nous tiennent compagnie. À ma douleur et moi. Tom s’inquiète de voir mon pied et ma cheville si gonflés et si noirs. Il me demande si j’ai prévu d’aller à l’hôpital, mais je lui réponds qu’un passage à la pharmacie fera l’affaire. Et c’est en m’appuyant sur mon grand garçon que je repars pour cinq c


