On demande à ma voisine de pousser ; elle riposte avec un cri de guerrière. Ce petit manège dure pendant de longues minutes, ce qui a le mérite de me distraire de mon interminable attente. Enfin, un dernier cri déchirant, qui me fait sursauter, semble sceller le dénouement. J’entends maintenant les pleurs d’un nourrisson… L’émotion me gagne, et je ne peux moi-même m’empêcher de verser quelques larmes. Soudain, la grande porte battante de ma salle s’ouvre pour laisser apparaître la sage-femme et un petit homme trapu en blouse blanche. Avant que la porte ne se referme, j’ai le temps d’apercevoir furtivement Thomas dans le couloir, l’air toujours aussi impatient. Je reporte mon attention sur l’homme qui s’avance vers moi, sans doute l’anesthésiste. Le contraste entre la blancheur de sa blou


