Le détective privé

1669 Mots
Chapitre 3 Depuis quelques semaines maintenant, je sais que je suis atteinte d'une leucémie grave qui ne peut être guéri uniquement à l'aide d'une greffe de moelle osseuse. Aucun membre de ma famille est compatible, du coup mes parents nous ont annoncé que nous avons une soeur. Je suis encore sous le choc de cette nouvelle alors que trois semaines sont passées. Mes parents me harcèlent pour que je fasse les démarches pour retrouver ma soeur, mais je refuse fermement. Je ne mêlerais pas cette femme à ça. Je n'ai rien contre elle, mais elle n'a pas a subir pour la bêtise de mes parents ! Si elle ne savait pas qu'elle a été adopté ! Imaginez un peu les dégâts qu'on risque de faire ! Trois semaines après ma rencontre avec le médecin, la suite des évènements se passe sans que je le sache à des milliers de kilomètres de New-York dans un des plus beaux pays d'Europe. (CHANGEMENT DE NARRATRICE : CAROLINE) Je m'appelle Caroline et je suis procureure de la république à Paris. Dans les couloirs de la citée Judiciaire de Paris, un homme croise Guillaume Lavigne, qui est mon substitut. - Bonjour, votre assistante juridique m'a orienté vers vous ! (dit un homme) - Oui ! Elle vient de me contacter ! Que puis-je pour vous ? - Je suis Harry Freman. Je suis détective privée et je souhaiterais m'entretenir personnellement avec la procureure de la république Caroline Kepner dans le cadre d'une affaire privée la concernant. - Oui, alors je vais voir si elle peut vous recevoir ! Je peux voir votre carte ? - Oui ! (lui montrant sa carte) Guillaume rentre dans mon bureau avec un air très sérieux. Je sais que quand il est comme ça, c'est que nous avons à faire à un problème sérieux. Guillaume, il est plutôt du genre à garder le sourire. Je ne vous cache pas que c'est un homme charmant, gentille et très généreux. Enfin, je m'éloigne du sujet là ! Du coup, Guillaume rentre dans mon bureau et m'informe qu'un détective privé souhaite me rencontrer et ceci visiblement pour une affaire personnelle. J'avoue que je suis très étonnée ! Pourquoi un détective privé ! Je ne comprends pas trop et je vous avoue que je ne suis pas très rassurée, mais j'accepte tout de même de le rencontrer. - Bonjour Madame la procureure ! - Bonjour ! Vous êtes ? - Harry Freman. Je suis détective privée. Je souhaiterais m'entretenir avec vous pour une affaire privée. Cet homme me montre sa carte et ma surprise est encore plus grande quand je constate qu'il a une carte authentique, mais elle est américaine. Pourquoi un détective privé américain me recherche ? Il y a tellement longtemps que je n'ai pas remis les pieds aux states ! Je l'écoute attentivement. - Très bien ! Vous pouvez nous laisser Guillaume. Merci ! Guillaume s'en va et me laisse avec le détective. - Asseyez-vous. (lui dis-je) Le détective s'assoit. - Je vous écoute. - Tout d'abord je souhaiterais vérifier des informations. Vous êtes bien Caroline Kepner, née le 28 février 1976 à Brooklyn aux États-Unis ? - Pourquoi est-ce-que je vous donnerais ces informations personnelles ? (me montrant très méfiante) - Afin d'éviter de se tromper de personne. Nous recherchons une femme qui porte votre nom et prénom. Mes renseignements sont bons ? Vous êtes bien née le 28 février 1976 à Brooklyn ? - Oui, c'est bien ça ! Je suis née à Brooklyn, mais je suis arrivée en France lorsque j'avais cinq ans. - Vos parents Stacy et Jack Kepner sont tous deux décédés ? - Oui, malheureusement. Mais pourquoi me posez-vous ces questions ? Je ne sais même pas si je dois continuer à vous répondre ! Je suis procureure et je ne vous donnerai pas plus de renseignement ! J'avoue que j'ai un peu peur de me mettre en danger. Je ne vous dirai rien de plus tant que vous ne m'aurez pas dit pourquoi vous vous intéressez à moi ! (ferme) - Écoutez madame, ce que j'ai à vous dire est très délicat. Je sais même pas si vous êtes au courant de quoi que ce soit. - Comment ça ? - Est-ce-que vos parents sont vos parents biologiques ? - Mais oui, bien sûr que oui ! Mais pourquoi cette question ? - Des gens de New-York sont à la recherche d'une femme née le 28 février 1976 au Brooklyn Hospital Center. - Pourquoi ils recherchent cette personne ? De toute façon il y a erreur, ce n'est pas moi ! Puis il y a sûrement d'autres femmes nées ce même jour dans cet hôpital ! - Oui, il y a six filles. Ces personnes vivant dans l’État de New-York et le New-Jersey, ça a été plus facile de les retrouver et vous êtes la dernière sur la liste. D'après des formulaires en règle, impossible que la personne que nous recherchons figure parmi ses six personnes. - Soyez plus clair. - Une famille est dans la détresse, car l'une des leur est atteinte de la leucémie à un stade assez avancé. Cette femme risque de mourir si elle ne reçoit pas rapidement une greffe de moelle osseuse. Cette femme à un frère qui n'est pas compatible et ses parents ne le sont pas non plus. Aucun donneur sur les listes n'est compatible. - C'est très triste et je compatis, mais en quoi ça me concerne ? - Il se pourrait que vous soyez par les liens du sang, la sœur de cette femme. Caroline le regarde, elle se demande si elle a bien entendu. - Quoi ? Mais ce n'est pas possible ! Comment ça peut être possible ça ! Mon père a eu une liaison ? - En réalité, c'est plus compliqué madame. La femme que nous recherchons est née sous X. Il y a presque aucun doute sur le fait que vous soyez la femme que je recherche. Je regrette de vous l'annoncer, mais il est fort probable que vous ayez été adoptée. - Quoi ? Mais non ! Ce n'est pas possible ça ! Mes parents me l'auraient dit ! - Ils n'ont peut-être jamais eu le courage, comme dans beaucoup de famille ! - Ce n'est pas possible, je refuse d'y croire. - Madame, je suis désolé de vous l'annoncer, mais votre maman n'a jamais accouché dans cet hôpital même si vous y êtes née. - C'est pas possible ! C'est une mascarade, quelqu'un essaie de se venger de moi ou quoi ? - Écoutez, je ne vous force à rien madame ! Je veux juste que vous sachiez que vous êtes peut-être le dernier espoir d'une femme en train de mourir. Elle a à peine trente-six ans et va mourir très vite. Il lui reste maximum dix-huit mois et de jour en jour le cancer évolue et son état s’affaiblit. Harry sort un petit sachet de sa poche. - Voici une mèche de cheveu de cette femme. Libre à vous de faire une recherche ADN. La volonté de cette femme était qu'on ne vous embête pas. Donc si vous ne souhaitez pas l'aider, c'est votre choix. Moi, je venais juste vous informer. - Je peux avoir ses coordonnées au moins ? - Elle s'appelle Johanna, mais c'est ses parents qui ont fait la démarche. Johanna n'est pas au courant, elle ne voulait pas qu'on mette la pagaille dans votre vie. - Alors donnez-moi les coordonnées du médecin. Si vraiment je suis la personne que vous recherchez, ce qui m'étonnerais fort, je m'entretiendrais directement avec le médecin. L'homme donne le papier et le sachet et s'en va. Une fois Harry partie, je laisse tomber mes larmes. Ce que je viens d'aprendre, c'est comme si je me prenais un coup de poignard en pleine poitrine. Guillaume me voit sur le pas de la porte et arrive. Je le laisse s'approcher, j'avoue qu'à ce moment, j'aurais bien besoin que quelqu'un me prenne dans ses bras. J'aurais tellement besoin d'un sourire, d'un mot gentil, d'un réconfort. - Caroline ! Vous avez l'air bouleversée ! - J'ai quarante-et-un ans et j’apprends aujourd'hui que j'ai probablement été adopté. Le pire, c'est que mes parents ne sont même plus là pour me confirmer quoi que ce soit ! Ce gars vient de m'apprendre que je suis née sous X. - Ouah ! Effectivement ça doit être choquant comme nouvelle ! Mais pourquoi on vous dit ça maintenant ? Vos parents biologiques vous recherche ? - Oui, enfin, ce n'est pas moi qu'ils recherchent en fait ! J'aurais une sœur malade, atteinte de leucémie qui aurait besoin d'une greffe de moelle osseuse pour survivre. - Ah oui ! C'est dur là ! - Comme je vous dis, ce n'est pas moi qu'ils recherchent, c'est un don. Ces gens-là sont à la recherche d'un don. Il en on rien à faire de moi. Je suis la femme qu'ils ont abandonnée et si cette femme n'avait pas été malade ils ne m'auraient jamais recherché. - Mais cette femme malade, n'est pas responsable de l'abandon de vos parents. - Vous avez raison. Il m'a donné une mèche de cheveux pour faire une analyse ADN. - Vous allez le faire ? - Oui, bien sûr ! Je ne vais pas laisser cette femme mourir tout de même ! Je ne suis pas un monstre ! - Écoutez, j'ai un ami qui travail à la police scientifique, si vous voulez, je peux m'en occuper. Vous aurez vos résultats avant la fin de la journée. Ça sera plus rapide qu'un labo traditionnel. - Je veux bien ! Merci ! - Vous pouvez compter sur mon soutien. - Merci ! Je le regarde et lui sourit toujours la larme à l'oeil. Comme promis, en fin d'après-midi, Guillaume revient avec l'enveloppe contenant les résultats. Il me regarde d'un air compatissant. Je comprends à ce moment-là que mes parents avaient probablement un loud secret dont il n'ont jamais eu le courage de me faire part.
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