XVUn souffle chaud faisait frémir le feuillage et soulevait doucement la chevelure de Wilma. La jeune fille avait posé son chapeau, inutile sous l’épais couvert des arbres, et l’avait attaché à l’anse du panier qu’elle portait au bras gauche. On apercevait là, couchées délicatement sur un lit de feuillage, de magnifiques grappes d’un raisin ambré. L’exploitation viticole de Runsdorf avait, en ces quelques années, produit ce qu’en attendait le garde général. Son vin prenait rang parmi les grands crûs, et déjà, dans la vallée, les vignes occupaient la place des autres cultures. Mais, si favorable que fût là aussi le terrain, il n’égalait pas cette partie de Runsdorf, jadis inculte, d’où sortait aujourd’hui un vin doré, légèrement pétillant, exquis, au dire des gourmets, qui rapportait déjà


