Episode 1: La nouvelle
Je suis au champ comme à mon habitude avec mes deux petits frères. Le soleil est déjà au Zénith mais il y'a encore énormément de travail. Mon dos me faire très mal à force d'être sans cesse courbée. J'aurais aimé de loin avoir deux grands frères, là au moins je resterai à la maison pendant qu'ils feront les travaux champêtres. Je me demande si un bon jour je ne vais pas me casser en deux à force !!
Je me redresse dans l'intention de souffler un peu... Aïe ! ma hanche. Je reste debout quelques minutes espérant que la douleur passe. C'est vraiment dur de travailler dans un si grand champ avec pour seul objet : une houe ! Je m'apprête à me remettre au travail lorsque j'aperçois de loin notre benjamine qui arrive en courant.
Petite sœur : Lili ! Lili
Moi (intérieurement) : elle a quoi à crier comme ça celle là ?
Émilie est notre benjamine, toujours entrain de faire des bêtises. Un vrai petit problème. Bref elle a toujours le sang chaud. Je la regardais s'approcher pendant que mes jeunes frères continuaient à sarcler. Elle arrive enfin, toute en sueur et prend un moment pour reprendre son souffle. Ça m'amuse de la voir comme ça. Je l'aime trop cette enquiquineuse.
Moi (la taquinant) : Alors petit chaperon rouge, tu t'es perdu ?
Émilie : Je viens te prévenir. Il y a une Tata qui est venue à la maison. Maman dit de t'appeler.
Comme je la regarde sans bouger, elle reprend en me tirant par la main.
Émilie : Fais vite. On m'a dit de t'appeler !
Moi : J'arrive, j'arrive !
Je mets ma houe sur mon épaule en faisant signe à mes frères de me suivre. Mes parents se font vieux et donc c'est moi l'homme de la maison, mdr !
Oups ! Désolée, je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Liliane Houngbe, j'ai vingt et un an. Comme vous l'avez certainement deviné, je vis au village avec ma famille. Je suis fille aînée d'une famille de quatre enfants. Bon, le reste vous le découvrirez bientôt. Pour l'instant j'ai vraiment besoin de quitter ce cher soleil. Je me demande bien qui peut être notre invitée, c'est très rare que quelqu'un vienne à la maison. De toute façon, je le saurai bientôt vu que je suis déjà en route...
Nous sommes arrivés dix minutes plus tard, dans notre modeste maison. Ma mère, mon père et une femme que je n'avais jamais vu auparavant discutent sous notre manguier. Ma mère a les yeux rougis...Bizarre ! Il se passe quoi là ?
Je me approche et les salut. Mes petits frères sont directement entrés dans le salon. Nous sommes certes pauvres mais nous avons tous eu la plus noble des éducations et le respect n'est pas en manque chez nous. Les plus petits savent à quel moment s’éclipser lorsque les grands entrent en discussion. Je suis fière de l’éducation reçue par mes frère et moi. Bref, que disais je ?... Ah oui, j'ai pris un tabouret et je me suis assise prêt de ma mère.
Papa : Lili, je te présente ta cousine Prisca. C'est la fille d'un de mes frères. Elle vit en ville. Elle est venue te voir !
Me voir !?
Moi (baissant la tête) : soyez là bienvenue.
Prisca (affichant un large sourire) : merci ma belle. Comme le disait ton père, mon oncle, je suis ici pour te voir. Tu es très belle.
Moi(rougissant) : merci.
Maman : ma fille, ta cousine est ici pour nous venir en aide. Tu sais toi même que nous souffrons énormément et comme elle vit en ville, nous avions pensé ton père et moi que le mieux serait que tu aille vivre avec elle.
Attendez, vient-elle de me dire que je vais aller vivre en ville….à Lomé ?
Maman (au bord des larmes) : Liliane, ton père et moi vieillissons. Tu es l'aînée de cette famille. Tu te dois d'aider tes frères. C'est une occasion que nous ne pouvons pas laisser passer. Je vais prier pour que tu trouves vite du travail.
Elle se tut.
Papa : Prisca !
Prisca : oui mon oncle.
Papa : je te confie ma fille. C'est la prunelle de mes yeux. S'il te plaît, prends soin d'elle. Je te fais confiance.
Prisca : ne vous en faites pas. Elle sera entre de bonnes mains.
On ne m'a même pas demandé ce que je pense de tout ça. Mais bon, pour être honnête je suis très excitée rien qu'en pensant que je vais moi aussi connaître la ville. Mais d'un côté je me sens triste de quitter ma famille. Qui va s'occuper du champ ? Et mes petits frères, Émilie... ?
Je regarde attentivement ma cousine. Elle est jeune et a fière allure. Elle a une belle coiffure et sent très bon. Humm moi aussi je serai comme ça bientôt...
Prisca : bon, je crois que je vais vous quitter. Je passerai demain très tôt la chercher.
Papa : elle sera prête.
Maman : merci ma fille. Que Dieu te bénisse. Salut ton père de notre part.
Elle se lève et sort, mes parents et moi à ses talons.
Quoi !?! Je n'avais pas vu ça en arrivant, moi !
C'était une grosse voiture qui était garée un peu loin de notre maison. J'ai ouvert grandement la bouche. Comment une femme peut monter dans ça ?
Moi : Tanti, c.… c'est à toi ?
Prisca (riant) : oui ma belle. Et tu pourras conduire la même si tu travailles dur.
Oulalaaa elle vient de mettre de l'essence dans le moteur. Moi Liliane, la villageoise conduire un truc comme ça ? Si ce n'est que travailler seulement pour avoir ça, je suis plus que prête!