47Àl’aube du jeudi 16 septembre 1943, le soleil jetait ses premiers rayons sur la ville de Bastia et le couvent Saint-Antoine. Derrière une fenêtre, la mère supérieure et sœur Agathe regardaient s’ébranler le convoi de la SS, le colonel Dahl en tête dans son side-car. — Rassemble nos sœurs pour la prière, mais d’abord tu prépareras le thé, ordonna mère Maria. La jeune sœur acquiesça sans un mot et quitta la salle de vie commune du premier étage pour rejoindre la cuisine au rez-de-chaussée. Un escalier de pierre en colimaçon, des murs sombres, une petite salle avec une cheminée. Sœur Agathe mit de l’eau à bouillir, versa quelques herbes dans une grande théière en fonte, ajouta le contenu d’une petite fiole et prépara huit tasses sur un plateau, puis elle traversa le cloître et se dirigea


