Pauline à Béatrix Branefort. « J’éprouve un sentiment profond de regret en te voyant si affectueusement déraisonnable, ma chère Béatrix. Voilà déjà deux grands mois que nous sommes séparées et tu dois penser que la réflexion froide a pris la place de la passion irréfléchie. Toutes ces déplorables scènes auront peut-être un résultat inattendu : celui de me faire accepter, jeune, la seule existence qui me convienne. Comprends-moi bien, ma sœur. Dans un avenir prochain ton mariage nous eût séparées. Or, je pose en principe que jamais Mme de Branefort et moi nous ne nous aimerons. Cependant, pour vivre en vis-à-vis, portant chacune notre poids de déceptions et de sacrifices, nous dévouant ensemble au même être, il faudrait beaucoup s’aimer, se pardonner beaucoup. Donc, toi partie, la situ


