Anaïs Truth se tenait devant le miroir, observant son reflet avec une tristesse profonde. Les cernes sous ses yeux trahissaient des nuits sans sommeil, hantées par des souvenirs de bonheur évanouis. Elle avait quitté Bruno, l’homme qui l’aimait sincèrement, pour embrasser une vie de luxe et de privilèges aux côtés de Bernard. Mais derrière les portes de leur appartement somptueux se cachait une réalité bien plus sombre.
La journée, Anaïs travaillait sans relâche à la fondation familiale du père de Bernard, une institution qui prétendait œuvrer pour le bien-être des autres, mais qui, en réalité, ne servait qu’à renforcer le pouvoir et l’influence de la famille. Elle s’investissait corps et âme, mais chaque effort était accueilli par des critiques acerbes. Léon, le père de Bernard, était un homme cruel, dont les mots tranchants résonnaient dans l’esprit d’Anaïs comme des coups de fouet.
— Tu n’es qu’une petite fille perdue, Anaïs. Tu devrais être reconnaissante d’être ici, à mes côtés, lui lançait-il souvent, avec un sourire moqueur.
Les humiliations étaient constantes. En public, il ne manquait jamais une occasion de la rabaisser, de souligner ses erreurs, de faire d’elle un objet de dérision. Anaïs se sentait piégée, comme une marionnette dont les fils étaient tirés par des mains invisibles. Elle avait espéré obtenir de l’amour de Bernard pour compenser ces souffrances, mais chaque jour, elle réalisait à quel point elle s’était trompée.
Le soir, lorsque les lumières s’éteignaient et que le silence s’installait, la façade de la vie parfaite s’effondrait. Bernard, pervers narcissique , devenait un homme différent. Il avait réussi à l’isoler de tout le monde .
Les cris résonnaient dans l’appartement, et Anaïs se retrouvait souvent à terre, les larmes aux yeux, tandis qu’il la traitait de tous les noms.
— Tu es une incapable, une bonne à rien ! s’écriait-il, sa voix pleine de rage. Tu devrais être heureuse que je te garde ici, que je te donne une vie que tu ne mérites pas ! Incapable, traînée, tu as abandonné un homme qui t’aimait pour de l’argent et tu crois vraiment pouvoir obtenir à nouveau de l’amour ? Tout est de ta faute Anais.
Anaïs se recroquevillait, tentant de se protéger des coups et des mots qui la blessaient bien plus que n’importe quel coup physique.
Elle se remémorait les moments passés avec Bruno, son regard doux et compréhensif, ses mots réconfortants. Elle regrettait chaque jour d’avoir laissé cet amour derrière elle, de s’être laissée piéger par les promesses de richesse et de statut.
Les semaines passèrent, et la douleur devint une compagne familière. Anaïs se sentait de plus en plus isolée, piégée dans un mariage qui n’était rien d’autre qu’une prison dorée. La famille de Bernard ne faisait qu’aggraver son calvaire. Ils la méprisaient, la traitant comme une intruse, une étrangère qui ne méritait pas leur respect.
Un soir, après une journée particulièrement éprouvante à la fondation, Anaïs rentra chez elle, épuisée. Bernard l’attendait, il était de mauvaise humeur, et elle savait que cela ne présageait rien de bon.
— Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? demanda-t-il, sa voix tranchante.
— J’ai travaillé sur le projet de collecte de fonds, répondit-elle, la voix tremblante.
— Encore ce projet stupide ? Tu es vraiment nulle, Anaïs. Tu ne fais que perdre mon temps et notre argent ! Si tu n’obtiens pas de résultats je te virerais. Incapable!
Les mots fusaient, et elle se sentait de plus en plus petite, insignifiante. Elle tenta de s’éloigner, mais il l’attrapa par le bras, la forçant à le regarder dans les yeux.
— Tu crois que tu peux t’en aller comme ça ? Tu es à moi, et tu ferais mieux de te rappeler qui t’a donné cette vie !
Les coups pleuvaient, et Anaïs se retrouva à terre, le cœur brisé. Elle se mit à pleurer, non seulement pour la douleur physique, mais aussi pour la perte de l’amour qu’elle avait autrefois connu. Elle se sentait trahie par ses propres choix, piégée dans un cycle de violence et d’humiliation.
Puis, un jour, elle découvrit qu’elle était enceinte. La nouvelle la frappa comme un coup de tonnerre. La peur et l’angoisse l’envahirent. Comment pourrait-elle élever un enfant dans un environnement aussi tox ique ? Elle savait que la vie qu'elle menait n'était pas celle qu'elle avait imaginée. Les larmes coulaient sur ses joues alors qu'elle réalisait que cet enfant serait le fruit d'une relation marquée par la douleur et la souffrance.
Anaïs se mit à réfléchir à son avenir. Elle se sentait piégée, mais en même temps, elle savait qu'elle devait trouver un moyen de s'échapper. L'idée de fuir Bernard et sa famille lui traversa l'esprit, mais la peur de ce qu'il pourrait lui faire si elle osait partir la paralysait.
Léon, avec son regard perçant et ses remarques cruelles, lui faisait comprendre qu'elle n'était rien sans son fils.
Les jours passèrent, et chaque moment était un combat. Anaïs se réveillait chaque matin avec un poids sur le cœur, se demandant si elle pourrait un jour retrouver la paix. Elle se remémorait les rires partagés avec Bruno, les rêves qu'ils avaient tissés ensemble, et elle se demandait si elle avait vraiment fait le bon choix.
Un soir, alors qu'elle était seule dans la cuisine, elle se mit à pleurer. Les larmes coulaient sans fin, et elle se laissa aller à la tristesse qui l'envahissait. Elle se sentait si seule, si désespérée. Elle se mit à écrire une lettre à Bruno, une lettre qu'elle ne lui enverrait jamais, mais qui lui permettrait d'exprimer tout ce qu'elle avait sur le cœur.
« Cher Bruno,
Je ne sais pas si tu penses encore à moi, mais je pense à toi chaque jour. Je suis désolée de t'avoir laissé, de t'avoir trahi pour une vie que je croyais meilleure. Je suis piégée dans un cauchemar, et je ne sais pas comment en sortir. Bernard n'est pas l'homme que je pensais qu'il serait. Je suis malheureuse, et je regrette chaque instant où je t'ai tourné le dos.
Je me sens si seule, et je crains pour l'avenir de cet enfant. Je ne veux pas qu'il grandisse dans un environnement où la peur et la douleur sont omniprésentes. Je rêve de retrouver la liberté, de retrouver l'amour que nous avions. Mais je ne sais pas si cela est encore possible.
Je t'en prie, pardonne-moi.
Anaïs »
Elle plia la lettre et la rangea dans un tiroir, se promettant de ne jamais la montrer à personne. Elle savait qu'elle devait trouver la force de changer sa situation, non seulement pour elle, mais aussi pour l'enfant qu'elle portait.
Elle dormis ce jour là.
Quand Bernard rentra, il vit la lettre de Anais, il se mis dans une colère noire