Anaïs Truth se tenait à la fenêtre de son appartement, regardant la ville s’étendre devant elle, illuminée par les lumières des gratte-ciels.
Mais au lieu de ressentir de l’émerveillement, elle ne voyait que des ombres. Des ombres de regrets, de choix malheureux, de rêves brisés. Chaque jour qui passait, elle se sentait de plus en plus piégée dans une vie qu’elle n’avait jamais vraiment choisie. Bernard, l’homme qu’elle avait cru être son sauveur, était devenu son bourreau.
Elle se remémorait les jours passés avec Bruno, son sourire, sa douceur, la façon dont il la faisait se sentir vivante. Elle avait échangé tout cela pour une vie de luxe, mais à quel prix ? Bernard, avec son charme initial, avait révélé son vrai visage, celui d’un homme manipulateur et cruel. Anaïs se sentait comme une ombre de ce qu’elle avait été, une coquille vide, rongée par la culpabilité et la honte.
Ce soir là avant de dormir, Anais avait soigneusement pliée et cachée dans un tiroir la lettre qu’elle avait écrite à Bruno.
Elle avait voulu exprimer sa douleur, son regret, mais elle n’avait jamais eu l’intention de la montrer à qui que ce soit.
Malheureusement, Bernard, curieux et méfiant, avait fouillé dans ses affaires quand il est rentré ce soir la.
En découvrant la lettre, il ressentit une rage incontrôlable. Comment osait-elle encore penser à cet homme ? Comment pouvait-elle lui faire cela, alors qu’il lui offrait tout ?
Il a donc décidé de la laisser dormir et attendre le lendemain pour la donner une leçon.
Lorsqu’Anaïs se réveille, elle trouva Bernard dans la pièce , la lettre à la main, son visage déformé par la colère.
Son cœur battait à la chamade, elle avait tellement peur de cet homme, elle était toute tremblante.
— Qu’est-ce que c’est que ça ? hurla-t-il, sa voix résonnant comme un coup de tonnerre.
Anaïs, prise de panique, tenta de s’expliquer.
— Bernard, je… c’était juste un moment de faiblesse. Je ne pensais pas que tu le verrais…
— Un moment de faiblesse ? Tu penses que je vais te croire ? Tu es encore amoureuse de lui, n’est-ce pas ?
Elle recula, sentant la peur s’emparer d’elle. Elle savait que cette confrontation ne se terminerait pas bien. Bernard, dans sa colère, était capable de tout.
— Non, je t’assure, je ne ressens rien pour lui ! Je suis avec toi, je suis ici, maintenant !
Mais ses mots ne firent qu’attiser la fureur de Bernard. Il s’approcha d’elle, son regard noir comme la nuit.
— Tu es une traîtresse, Anaïs. Tu n’as aucune idée de ce que tu es en train de faire. Je t’ai donné tout ce que tu as, et voilà comment tu me remercies ?
Sans un mot, il la saisit par le bras, la tirant vers lui avec une force brutale. Anaïs se mit à trembler, consciente que la tempête qui se préparait serait dévastatrice.
— Je vais te montrer ce que ça fait de trahir quelqu’un, dit-il, sa voix basse et menaçante.
Les heures qui suivirent furent un véritable cauchemar. Bernard la frappa, la rabaisse, lui lançant des mots qui la blessaient bien plus que n’importe quel coup. Chaque insulte était comme une lame qui s’enfonçait dans son cœur. Anaïs se sentait déchirer, piégée dans un cycle de violence et de manipulation.
Elle tomba dans une dépression nerveuse, incapable de trouver la force de se lever le matin. Les jours se succédaient, et chaque instant était une lutte pour sa survie. L’anxiété la rongeait, la paralysant. Elle se sentait comme une marionnette, contrôlée par le fils invisible Bernard et de sa famille.
Bernard a décidé de l’empêché de travailler et de l’isoler de tout le monde comme punition.
Un soir, alors qu’elle était seule dans leur chambre, Anaïs s’effondra. Les larmes coulaient sur ses joues, et elle se mit à pleurer, un cri silencieux pour l’aide qu’elle ne savait pas comment demander. Elle se sentait si seule, si désespérée. Elle regrettait chaque choix qu’elle avait fait, chaque pas qui l’avait éloignée de Bruno.
Un après-midi, alors qu’elle feuilletait un magazine dans le salon, un article attira son attention. La photo en couverture montrait un homme élégant, souriant, entouré de sa famille. En lisant le titre, elle comprit qu’il s’agissait d’un article sur Bernard et sa famille. Le texte évoquait leur fortune, leur influence, mais ce qui la frappa le plus, c’était une mention discrète au sujet de son ex-femme, Clara.
Anaïs se mit à lire avec avidité. L’article relatait la vie de Clara, une femme belle et charismatique, mais qui avait connu des difficultés après son mariage avec Bernard. Les mots décrivaient une descente aux enfers, une lutte contre la dépression qui avait conduit Clara à être hospitalisée dans une clinique psychiatrique. Anaïs sentit son cœur se serrer. Elle avait entendu des rumeurs sur l’ex-femme de Bernard, mais jamais elle n’avait imaginé que son histoire serait si tragique.
Les lignes suivantes révélèrent le pire : Clara s’était suicidée, laissant derrière elle un mari en deuil et une famille dévastée. Anaïs se sentit soudain prise d’un vertige. Elle se remémora les moments où Bernard avait évoqué son passé, ses allusions à une vie antérieure, mais jamais il n’avait mentionné Clara de manière directe. Elle avait toujours eu l’impression qu’il cachait quelque chose, mais elle n’avait jamais osé poser de questions.
Les mots de l’article résonnaient dans son esprit. Bernard avait été marié, et son ex-femme avait souffert d’une manière inimaginable. Anaïs se mit à réfléchir à la façon dont Bernard l’avait traitée, à la manière dont il l’avait manipulée. Était-elle simplement la prochaine sur sa liste ? Était-elle destinée à suivre le même chemin que Clara ?
Les jours suivants, Anaïs se plongea dans ses pensées, cherchant des réponses. Elle se remémorait les signes, les moments où Bernard avait montré des comportements possessifs, ses accès de colère, ses humiliations. Elle se demanda si Clara avait vécu la même chose, si elle avait ressenti la même peur, la même solitude.
Finalement, la pression devint insupportable. Anaïs ne pouvait plus faire face à la douleur. Elle se mit à trembler, son cœur battant la chamade, et elle se sentit perdre pied. Bernard, voyant son état, ne montra aucune compassion. Au contraire, il se moqua d’elle, la traitant de faible et d'incapable.
— Regarde-toi, Anaïs, tu es pitoyable, dit-il avec un rictus. Tu ne peux même pas gérer ta propre vie.
Ses mots résonnaient dans son esprit comme un écho douloureux. Anaïs savait qu'elle ne pouvait plus continuer ainsi. Elle avait besoin d'aide, mais la peur de Bernard l'empêchait de demander quoi que ce soit.
Finalement, après une nuit particulièrement éprouvante, elle s'effondra. Les larmes coulaient sans fin, et elle se mit à crier, un cri de désespoir qui résonna dans l'appartement vide. Bernard, alerté par le bruit, entra dans la pièce, et au lieu de lui offrir du réconfort, il se mit à l'humilier encore plus.
— Tu vois, c'est ça ta vraie nature, une pleurnicharde. Tu ne mérites rien d'autre que ce que je te fais subir.
Anaïs, à bout de nerfs, finit par s'évanouir. Lorsqu'elle se réveilla, elle se trouvait dans une clinique psychiatrique, entourée de médecins et d'infirmières. Ils lui expliquèrent qu'elle avait été amenée là pour sa propre sécurité, qu'elle avait besoin d'aide pour surmonter sa dépression et son anxiété.