Quand je reprends connaissance, j’ai l’impression d’avoir le corps tout entier lesté de plomb. Un bruit lancinant résonne sans discontinuer dans l’espace réduit où je me trouve. L’écho paraît amplifié. Il me faut une minute pour prendre conscience que ce sont des pleurs. Ou plutôt des sanglots douloureux. Quand j’ouvre péniblement les paupières, c’est pour découvrir le visage apeuré de Cara en face de moi. Elle est allongée sur le côté, encore ligotée, et me regarde avec une terreur évidente. Ce n’est pas elle qui sanglote, parce qu’elle est bâillonnée. Je me rends compte que moi aussi. La lumière est tamisée et une odeur d’iode et de rouille me monte aux narines. Mes yeux s’accoutument à la pénombre et je jette un regard circulaire. m***e, nous nous trouvons dans un conteneur. Avec une


