VIII Lorsqu’il entra chez Sonia, le soir tombait déjà. Toute la journée, Sonia l’avait attendu dans une terrible anxiété. Dounia avait attendu avec elle. Elle était arrivée dès le matin, s’étant rappelé les paroles de Svidrigaïlov disant qu’elle « savait tout ». Nous n’allons pas rendre les détails de la conversation et les larmes des deux femmes, ni dire à quel point elles s’entendirent. Dounia emporta au moins une consolation de cette conversation : son frère ne serait pas seul ; c’est chez elle, chez Sonia, qu’il était allé en premier lieu faire sa confession, c’était en elle qu’il avait cherché un être humain lorsqu’il en eut le besoin ; et c’est elle qui allait le suivre là où son sort allait le mener. Elle ne l’avait même pas demandé, mais elle savait que ce serait ainsi. Elle regar


