Lorsque Jason se leva le lendemain matin, sa mauvaise humeur de la veille était passée. C'était le genre de personne qu'il est. Il s'énerve pour un rien mais passe rapidement à autre chose.
Il se leva de son lit tout en se frottant paresseusement le visage et la première chose qu'il fit fut d'aller vérifier son téléphone. A peine l'avait-il allumé que l'écran fut bombardé par une pluie de notifications : une centaine de message et d'appel en absence de la « bimbo » comme il l'appelait (sa secrétaire). Il ouvrit un message pour voir de quoi il s'agissait :
« Monsieur Lloyd, où êtes-vous ?! Vous avez réunion dans 30 minutes ! »
Et c'était il y a une heure.
Jason soupira.
Voilà ce qui se passe quand on confie une chose aussi importante qu'une entreprise à un fainéant comme moi. Il fallait y réfléchir à deux fois, mon très cher père !
Il sourit quand même à l'idée d'avoir une matinée de libre mais malheureusement pour lui, ce n'était pas le cas. Juste au moment où il s'apprêtait à poser son téléphone, celui-ci se mit à vibrer, indiquant qu'un appel venait d'entrer. Il fit une grimace en voyant le nom qui s'affichait : « BIMBO » et décrocha à contre cœur :
- Allo !? Grogna-t-il.
- Comme vous ne décrochiez pas mes appels, je me suis permis de repousser l'heure de la réunion de deux heures. Il commence donc dans une heure, monsieur.
Cette- !
Adieu sa bonne humeur matinale.
- Bien, merci.
- Et votre père est ici. Il vous attend et vous demande de venir sur le champ, monsieur.
- Dites-lui que j’arrive.
Il raccroche (quand bien même ce n'est pas lui qui ait appelé).
Mon père m'attend, hm ?
Une colère soudaine remonta du fond de son être, quand il repensa à la façon dont son père avait coupé court à sa vie de rêve en lui infligeant la longue et lourde responsabilité d'être le PDG de l'entreprise familiale. Mais son sourire en coin remplaça bien vite son rictus.
Je compte bien me venger, ne t'inquiète pas !
Il alla prendre une douche et se dirigea vers sa vraie chambre (une serviette à la taille) pour aller se changer. Il sorti son costard de son armoire et le posa sur un de ses fauteuils. Puis il sorti une autre serviette et s'assit sur le lit pour essuyer ses cheveux. Là, il se rendit compte qu'il s'était assis sur quelque chose et que ce « quelque chose » dormait encore.
Il s'était assis sur le bras de Gaël (ce qui ne l'avait pas réveillé pour autant). Son visage était caché par la couette et Jason s'empressa de l'abaisser, pour pouvoir l'observer. Il dormait à poing fermé. Son teint paraissait encore plus blanc le matin. Jason résista à l’envie de passer une main sur sa joue rosée et de la caresser avec tendresse.
- Gaël...
Gaël ne tarda pas à se réveiller. Il commença à ouvrir les yeux en grognant, ses paupières pesant une tonne chacune. Il mourrait d’envie de retourner au lit. Mais à la vue du visage qui se penchait sur lui, il se redressa rapidement.
Son visage paraissait dangereusement beau, voire magnifique, et Gaël dû se retenir pour ne pas se jeter à son cou et l'enlacer fortement.
Un dieu grec.
Soudain, Jason ferma les yeux et s’avança vers lui, faisant rebondir son cœur dans sa poitrine. Gaël ferma les yeux à son tour et, le cœur battant, il attendit ce qui allait être son deuxième b****r avec Jason Lloyd ! Mais les secondes passèrent et il ne se passa rien. Lorsqu'il rouvrit les yeux, le large sourire de son nouveau patron l’accueillit.
- Pourquoi avoir fermé les yeux ? Demanda-t-il malicieusement. Vous vouliez vous rendormir ?
- N-non, hum… Fit Gaël, plus rouge que jamais.
Jason se releva.
- Bon, assez bavardé. Allez prendre une douche et habillez-vous, on s'en va.
- Où ça ?
- Au travail, bien évidemment.
Jason pris son caleçon et retira sa serviette pour l'enfiler, devant les yeux ébahit de Gaël. Gaël poussa un cri strident et très aigu, et cacha son visage de ses deux mains.
- Il n’y a pas de honte à avoir lorsque nous sommes tous les deux des hommes, fit constater Jason avec amusement.
- N-n-n-n-n-n'empêche ! Bégaya Gaël. Dépêchez-vous de vous habiller, s'il vous plait !
Jason avait déjà fini d’enfiler son pantalon mais, bien sûr, Gaël ne l’a pas vu.
- Et si je n’en avais pas envie ?
- Hein ?
- Et si je restais nu et que je vous rejoignais dans ce lit, hm ?
- N–
Gaël poussa à nouveau son cri lorsqu’il sentit son patron se glisser sous les draps. Jason lui saisit les poignets et Gaël se débâtit pour se libérer de son emprise, sans succès. Comme Jason ne portait rien en haut, Gaël eut toutes les raisons du monde de penser qu’il était nu. Maintenant qu’il n’était plus soûl, il était impensable pour lui de pouvoir supporter cette situation !
Il devait faire une tête étrange parce que Jason éclata soudain de rire.
Oh, et quel beau rire il a !
- Qu’y a-t-il de si drôle ?! S’écria-t-il, rouge comme une tomate. Veuillez me lâcher et allez vous habiller, s’il vous plaît !
- Calmez-vous, Mr Harley ! Répondit Jason, une larme au coin de l’œil à force d’avoir ri. Je suis déjà habillé ?
- ...Vous... vous portez un pantalon ?
Gaël cru qu'il allait mourir de honte.
Fort heureusement, Jason le prit dans ses bras et il se retrouva de dos à celui-ci.
Je ne devrais pas mais il est juste trop agréable à taquiner.
Gaël, lui, était au centième ciel. Il craignait que Jason n’entende les battements effrénés de son cœur.
Il sent si bon… Que se passe-t-il réellement ?! Je n’ai jamais vécu autant de choses et en si peu de temps, de toute ma vie !
Ils restèrent dans cette position pendant encore de longues minutes qui tuèrent Gaël à petit feu.
- Hum, monsieur Lloyd ? Finit-il par demander.
- Oui ?
- On ne devait pas partir ?
- Si.
- Et donc... ? Qu’est-ce qu’on attend ?
- Rien.
- ...Partons, dans ce cas ?
- Hm. J’essaie de sentir votre odeur mais en portant mes vêtements, vous avez été imprégné de la mienne. Mais ce n'est pas pour me déplaire.
C’était officiel, Jason Lloyd causera la mort de notre pauvre petit Gaël.
Jason finit par le lâcher et Gaël retint l’envie qu’il eut de ramener ses bras autour de lui. Il se sentait si vulnérable, avec cet homme. Ça ne pouvait pas être une bonne chose.
- Allez m’attendre dehors, lui dit Jason. Je vous rejoins.
Gaël acquiesça et se leva pour sortir de la chambre, content de s’en être sorti en un morceau. En passant dans le salon, il remarqua quelques photos collées au mur et l’une d’entre elle était une photo de famille où l’on voyait deux adultes avec deux petits garçons blonds, dont l’un était forcément Jason Lloyd, mais lequel ?
- Je me demande lequel il est... Se dit Gaël à haute voix.
- Celui de gauche.
Gaël sursauta quand Jason, qui se tenait derrière lui, déposa un petit bisou dans son cou. Un frisson lui parcourut tout le corps et il faillit lâcher un gémissement mais arriva à se maîtriser, à sa plus grande joie.
- Q-qui est l’autre ? Demanda-t-il pour masquer son gêne, tandis que Jason continua à lui embrasser le cou.
- Mon petit frère.
- Evidemment…
Cette fois, Gaël n’eut pas envie de lui dire d’arrêter. Malheureusement pour lui, Jason le fit quand même et se dirigea vers la sortie. Il le suivit à contrecœur.
Jason verrouilla sa porte et entra dans sa voiture, qu’il avait omis de ranger dans son garage la veille. Gaël vint le rejoindre et ils se mirent en route vers l’entrepris.
Le trajet se fut silencieux, jusqu'au moment où le téléphone de Gaël se mit à sonner, le refrain de Blinding Lights résonnant brusquement dans le véhicule. C'était sa mère.
- Allo, maman ?
- Jeune homme, où es-tu ?!
- Je vais au travail, maman !
- Quoi ? Tu travailles ?
- Oui, maman ! J’ai eu, hum, un poste.
- Eh bien… C’est super, mais tu aurais dû appeler ! Où est-ce que tu as passé la nuit ?
- Euh... Je t'en parlerais quand je serais de retour à la maison, on vient d'arriver.
Et c’était réellement le cas.
- On ? Qui ça, on ?
- Bye, maman !
- Ga–
Tut ! Il coupa l’appel au plus vite.
Jason ne fit aucun commentaire sur cet appel. Ils sortirent de la voiture et entrèrent dans le grand bâtiment de l'entreprise. Tous les employés saluèrent Jason à son passage. Lorsque la secrétaire les vit arriver à l'accueil, elle se leva de suite et se dirigea vers Jason, en ignorant le plus possible le jeune homme qui le suivait lamentablement à l'arrière. Elle lui cita une liste de chose dont Gaël ne comprenait absolument rien. Ils prirent l'ascenseur pour enfin arriver à la salle de réunion.
- …Et c'est tout ce que vous aurez à faire après cette réunion, monsieur, termina-t-elle.
- Merci, hum... ?
- Eloïse.
- Ah, c’est exact. Eloïse. Ce ne sera pas la peine de venir demain, vous êtes virée. Merci pour vos services, vous serez dédommagé, bien sûr.
Visiblement, le coup de la réunion décalée n’était pas passé.
Eloïse manqua de s’étouffer quand il dit cela.
- Mais–
- Le jeune homme qui m’accompagne vous remplace sur le champ.
Maintenant, ce fut au tour de Gaël d’être choqué.
- Mais ! S’écria-t-il à son tour.
- Il n'y a pas de « mais ». J’espère avoir été clair. Bien, je vais en réunion, maintenant. Au revoir, Mlle Eloïse. Gaël, suivez-moi.
Par la suite, il entra triomphalement dans la salle de réunion, avec Gaël sur ses talons, abandonnant l’ancienne secrétaire avec sa surprise. A leur entrée, tous les yeux se rivèrent sur eux et les autres membres se levèrent pour saluer leur PDG.
Le père de Jason, Christophe, se leva également et se dirigea vers eux.
- Te voilà enfin, dit-il à son fils.
- Commençons, qu'en en finisse, répondit Jason avec lassitude.
- Toujours en colère, à ce que je vois.
Puis ses yeux se posèrent sur Gaël.
- Mon nouveau secrétaire, dit Jason avant qu’il ne puisse demander.
- Et Eloïse ?
- Je l'ai virée.
- Jason…
Soudain, Jason prit Gaël par la main, sous les yeux ébahit de son père. Jason n’eut pas l’air de s’en soucier et alla tout simplement s’asseoir, tirant Gaël avec lui.
Gaël se sentait mal à l'aise comme jamais. Tout le monde regardait leurs mains. Le père de Jason avait une expression indéchiffrable. Cette situation ne lui plaisait pas du tout !
- Restez près de moi, lui dit Jason comme si de rien n’était. La réunion peut commencer !
Une heure trente plus tard, c’était fini. Gaël garda sa tête baissé tout le long, jusqu’à ce que Jason déclare la réunion terminée et que les gens commencèrent à partir. Seul le père de Jason était resté.
- Pour une première réunion, c'était plutôt réussi, annonça-t-il, semblant assez fier. Tu as fait très bonne impression. En tant que PDG, l’image que tes employés se font de toi est le plus important–
- J'ai du boulot, au revoir, le coupa Jason.
Il sorti avec fureur de la salle, en prenant bien soin de claquer la porte avec force. Gaël, figé sur place, se retrouva coincé avec Lloyd Le Père. Celui-ci a du sentir le malaise du jeune homme et l'a gentiment invité à s'assoir.
- Alors... comment vous appelez-vous ?
- Gaël Harley, monsieur.
- Harley… Comme Samantha Harley ?
- Oui, monsieur.
- Je vous en prie, appelez-moi Chris.
- Bien, mons... Chris.
Chris sourit, et son sourire ressemblait trait pour trait à celui de Jason.
- Alors, comment avez-vous fini secrétaire ici ?
- Et bien... A la base, j'étais venu pour un stage. Puis Mr Jason m’a offert un poste…
- Ça, c'est du Jason tout craché ! Il a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Vous savez, quand il était jeune, je pense qu'on l'a trop privé de sa liberté, sa mère et moi. Son frère et lui étaient enfermé tout le temps, alors quand il a eu dix-huit ans, il a voulu briser ses chaines... Il n'a pas un mauvais fond, il est juste un peu dur de temps en temps mais c'est quelqu'un de bien.
- Je vois...
- Vous me semblez proche, tous les deux.
Gaël ne savait pas trop quoi répondre à ça alors il s'est contenté de sourire bêtement. Il observa Christophe Lloyd : des cheveux blonds poivres et sels, et les mêmes yeux bleus que Jason. En somme, c’était la version plus mature du fils.
Y a-t-il quelque chose qu’il a hérité de sa mère ?
Quelque chose vint soudain dans la tête de Gaël. Il voulait demander à Chris si… Si Jason était gay. C’était de la folie, il le savait ! Mais il voulait vraiment savoir, et le père semblait assez sympathie.
Au fond de lui, il espérait secrètement que la réponse soit oui. Il voulait connaître la signification de tout ce qui s’était passé entre eux, depuis leur première rencontre. Il voulait croire que ce qui s’était passé hier soir avait un sens. Il espérait… Que Jason soit réellement attiré par lui, même si ça semblait absurde.
Je meurs d'envie de savoir !
Finalement, il prit son courage à deux mains :
- Dites, Chris… Commença-t-il.
- Oui ?
- Votre fils… Est-ce qu’il est–
BAM ! La porte s'ouvrit dans un grand fracas.
Jason apparait, avec toujours la même fureur que tout à l'heure sur le visage, et prit Gaël par le poignet.
- Excuse-moi, je prends ça, déclara-t-il.
Sur ce, Jason entraîna Gaël hors de la salle, loin de Chris (qui lui faisait au revoir de la main) et d’une probable réponse à sa question.
Ils arrivèrent dans le bureau de Jason quelques instants plus tard. Gaël fut brutalement jeté sur le canapé.
- Pourquoi vous ne m'avez pas suivi ?! Gronda Jason.
- Je parlais à votre père–
- Vous avez l’interdiction de lui parler, compris ? C'est l'ennemi.
- C'est... l'ennemi ?
- Oui.
Jason était plus furieux que jamais. Il n'arrêtait pas de faire les cents pas dans la pièce. Il s'apprêtait à rajouter quelques mots à son discours de haine mais lorsqu'il releva la tête, il vit Gaël le dévisager de ses grands yeux noirs, avec la peur dans le regard, et instantanément, ses traits s’adoucirent. Il ne devait pas l’effrayer.
De plus… La façon dont le jeune homme était allongé sur le canapé était étonnamment lascive. Il ne pouvait juste pas résister.
- Mais... Qu’est-ce que vous faites ?!
Jason venait de grimper sur Gaël, et plaça ses mains de chaque coté du corps de celui-ci.
- Voyez-vous, commença Jason, cette histoire m'a légèrement tendu et j'ai besoin de… Décompresser un peu. C'est de votre faute, monsieur Harley. Prenez vos responsabilités.
- Je–
Trop tard.
Jason lui coupa la parole avec sa langue et lui offrit un b****r torride, rempli d’un mélange de passion et d'amour – un des meilleurs cocktails au monde – et Gaël, qui montrait encore un peu de résistance au départ, finit volontiers par lâcher prise et se laissa aller.
Ce n'était peut-être pas le dernier b****r qu'ils s'échangeaient mais Gaël savait d'ores et déjà que ça sera surement le plus savoureux de tous. Sa tête tournait vertigineusement et il ne réussit plus à penser à rien, tandis que ses yeux menaçaient de se retourner dans son crâne. C’était là tout l’effet que Jason Lloyd avait sur lui.
Il continua à profiter de ce délicieux b****r pendant encore quelques minutes, jusqu’à ce que la situation devienne embarrassante et légèrement dangereuse pour lui, dans la région basse de son corps. Il essaya de le cacher mais, bien sûr, Jason finit par le remarquer.
- Laissez-moi vous débarrasser de ça, lui susurra celui-ci à l’oreille.
- Att... !
Jason se pencha et baissa le pantalon de Gaël comme si c'était la chose la plus normale au monde.
- Woah ! S’écria Gaël, sentant ses joues s’enflammer. Q-q-q-qu'est-ce que vous faite ?! Stop !
- Ne vous en faîtes pas, je ne vais vous dépuceler sauvagement sur ce canapé, répondit calmement Jason. Juste calmer votre joujou.
- C-c'est du harcèlement sexuel !
Voilà un terme que Jason n’aimait pas du tout entendre.
- Alors dites-moi que vous n’avez pas envie de moi et je m’arrêterai, dit-il sérieusement, regardant Gaël droit dans les yeux.
C’était l’occasion pour Gaël d’arrêter tout ceci, comme il le voulait. Il n’avait qu’à dire quelques mots et Jason le laisserait enfin tranquille. Mais était-ce vraiment ce qu’il voulait… ?
Ce qu’il finit par répondre le surprit lui-même :
- N’arrêtez pas…
Sur ce, Gaël ferma les yeux, effrayé mais décidé à aller jusqu’au bout de cette expérience.
Il sentit la main de Jason caresser doucement son abdomen puis descendre de plus en plus bas, jusqu’à ce qu’elle se pose sur son entre-jambe, ce qui le fit sursauter. La main fit de petits vas et viens dessus, lui faisant ressentir des sensations qu’il n’a jamais encore expérimentées mais qui n’étaient en rien désagréable. C'était la première fois qu'il se faisait toucher par quelqu’un d’autre. C'était si bon, il avait envie que ça ne s'arrête jamais.
Mais justement, tout d'un coup... Plus rien. Il s'apprêtait à ouvrir les yeux, pensant que c’était fini et un peu déçu que ça se termine aussi vite, quand une sensation humide vint entourer son membre, qui se retrouva ensuite englouti dans une cavité qu'il identifia comme étant la bouche de Jason.
La sensation de la langue passant sur sa peau, glissant de la base à la pointe, faillit l’achever. Il voulut crier, ou dire quelque chose, mais il ne put produire aucun son.
Jason savait pertinemment que Gaël n'allait pas tarder à venir, ce n’était pas son premier rodéo après tout. Alors, il accéléra le mouvement, approfondissant ses vas et viens sous les gémissements intenses de Gaël.
Mon Dieu... Mon Dieu, Mon Dieu !
Voilà. C'était fini. Il venait de déverser tout son plaisir dans la bouche de Jason, sans la moindre retenue.
Gaël ouvra les yeux avec peine, encore haletant de plaisir. Jason, lui, releva la tête, fixa Gaël de ses profonds yeux bleus et... avala tout le liquide qu'il avait en bouche d'une traite.
- Au travail, à présent, dit-il en allant s’installer à son bureau.
Gaël n’arrivait pas à y croire. Jason commença à travailler, comme s’il ne venait pas juste de lui s***r l’âme devant toute la ville (le bureau était assez ouvert), alors que lui avait beaucoup de mal à redescendre. Il pensait que ce genre de chose n’arrivait que dans les livres !
Quand je vais dire ça à Pandora, elle ne me croira jamais !
Sous le choc, tout ce qu'il réussit à faire fut de s'assoir sur le canapé (où il venait de se faire...) et de penser à toutes les choses horribles que les femmes de cette ville pourrait lui faire si elles venaient à savoir qu'il avait « souillé » la bouche de leur cher et tendre.
Il était en train de s'imaginer en train de se faire assassiner dans une ruelle sombre par une horde de femmes enragées quand une voix grave le coupa dans ses pensées.
- …ël ? Gaël !
- Hein ?
- Venez s’il vous plaît, j’ai besoin de vous.
Encore cette phrase... « J'ai besoin de vous ». Moi aussi, j'ai besoin de vous, Jason... Même si ça ne fait que trois jours que je vous connais... Je suis prêt à vous suivre n'importe où... Au bout du monde ou jusqu’en enfer, s’il le faut– Bon, j’arrête.
Soupirant intérieurement, Gaël s'avança comme un damné vers le bureau de Jason, ses jambes encore molles
Si seulement vous pouviez lire dans mes pensées...
- Qu'y a-t-il ? demanda Jason. Quelque chose ne va pas ?
- Non... tout va bien...
- Bien. Triez ces dossiers par ordre alphabétique, s'il vous plait.
- Monsieur Lloyd...
- Oui ?
Jason ne pouvait pas savoir à quel point Gaël a dû se forcer à dire ces deux petits mots. Il voulait poser cette question depuis si longtemps que si elle avait été flamme, il aurait déjà eu la bouche brûlée.
- Qu'est ce qui se passe, Gaël ? Demanda Jason
- Monsieur Lloyd... Pourquoi vous faites ça ?
- Faire quoi ?
- Ça. Vous m'embrassez, vous me touchez... Pourquoi ça ? Et ne me dites surtout pas que c'est par amour, parce que je ne vous croirais pas. Vous pouvez avoir qui vous voulez, alors… Pourquoi moi ?
- Je vous désire. C’est tout.
- Pourquoi ?
Jason resta silencieux un moment. Personne ne lui avait encore demandé pourquoi il désirait quelqu’un, auparavant. D'habitude, l’être désiré ne se posait pas tant de question et se laissait faire sans résistance. Il trouvait ça assez ennuyeux, pour être honnête. Mais Gaël, lui... Etait différent.
Cependant, il ne ressentait pas d'amour pour lui. Ce serait absurde, Gaël n'était rien pour lui.
Oui, il n'est rien. Juste le pion principal– non, le roi de mon échiquier. Mais hors de question que je lui dise. J'ai trop besoin de lui pour ça.
Avec son éternel petit sourire en coin, il passa une main dans ses blonds cheveux et se leva en direction de Gaël, qui se figea immédiatement sur place, malgré le fait qu'il avait très envie de s'enfuir en courant.
Il prit Gaël par la taille et plongea son regard bleu dans les yeux de celui-ci.
- Gaël... Je sais que vous n'allez pas me croire, mais c'est bel et bien parce que je vous aime. Quand j’ai vu votre photo sur votre fiche, ce fut le coup de foudre. Et quand je vous ai vu en personne… N’en parlons pas.
Eh oui, je suis un gros connard.
Gaël savait que c'était impossible, mais son cœur entier ne put pas s'empêcher d'y croire.
- Vous mentez... Réussit-il à répondre, les larmes lui montant aux yeux. On ne s'est rencontré qu'il y a trois jours...
- Ce n’est pas important que vous ne me croyiez pas maintenant. Je ferai en sorte de gagner votre confiance.
Il baissa la tête et embrassa Gaël, le plus tendrement possible. Le cœur de Gaël se mit à battre plus fort. Il se dit que c’était peut-être pour ça que sa vie amoureuse était aussi déserte pendant toutes ces années. Pour l’inonder en une fois maintenant. Il voulait que ce moment ne s'arrête jamais, c’était trop beau pour être vrai. Il avait envie de rester dans ses bras pour toujours.
Mais Jason finit par mettre fin au b****r. Puis il replongea son regard dans celui de Gaël et dit :
- Ça va peut-être vous choquer mais... Gaël. Ça vous dirait, de m'épouser ?