II Pendant quinze jours, le marquis vint tous les matins à la ferme savourer la limonade au miel préparée par la belle Zita, et disserter sur l’élève des chèvres et la fécondité des poules avec autant de plaisir que s’il se fût agi des révolutions du globe. Cette simplicité de mœurs, qui pourrait sembler étrange en France, est fort ordinaire en Sicile. La compagnie de la villa Germana ne s’en étonna point, et l’on n’aurait jamais donné au marquis le nom de mezzo-matto, s’il ne l’eût mérité par d’autres singularités. Le quinzième jour arrivé, le seigneur Germano demanda au bonhomme Matteo où était son gendre. – J’attends, répondit le père, que votre seigneurie me le présente ; je l’accepterai les yeux fermés, et il sera bien reçu de tout le monde ici. – Mon choix est fait, reprit le marq


