IV Le lendemain de sa condamnation, notre marquis congédia poliment tous ses commensaux, en leur donnant un dîner d’adieu, où il fit servir de la vaisselle de faïence et des fourchettes de bois. Le désastre survenu dans sa fortune l’obligeait, disait-il, à cette réforme dans l’état de sa maison. Après le repas, qui n’en fut pas moins excellent, une voiture emporta la batterie de cuisine et les assiettes de faïence. Pendant la semaine qui suivit ce dernier festin, des charrettes et des fourgons passèrent souvent au milieu de la nuit sur le chemin de Gallidoro. Lorsqu’on signifia au marquis l’ordre de payer l’amende et les frais, et de reculer la barrière de bois, il répondit qu’il n’en ferait rien, et cette réponse aggrava fort la situation. Les huissiers se présentèrent un matin pour sais


