Ainsi, je m’exécutais en plein : j’allais voiturer, nourrir, abreuver, loger, héberger mes électeurs ; je devenais leur hôte, leur automédon, leur amphitryon. Mon adversaire avait des amis qui ne reculaient pas devant les dépenses du transport et du séjour ; moi, je m’adressais aux bourses rétives et aux panses sensibles ; j’offrais un bon gîte et d’excellents repas à ces hommes des champs, élevés dans une atmosphère apéritive. Mon concurrent avait affaire aux dévoués ; j’avais affaire aux calculateurs. Comme moyen de tactique, je résolus de m’effacer devant le premier scrutin. Les voix de l’avocat étaient toutes arrivées au chef-lieu dès l’avant-veille ; les miennes étaient encore disséminées dans la campagne. Je laissai composer le bureau par la minorité, c’était sans danger et sans int


