« Tu aurais pu me demander mon avis avant de l’embarquer dans cette histoire, Emilio. C’est vrai que j’aime le travail de Monica mais je ne sais pas si elle est capable de tenir sa langue. Elle est jeune et tu sais ce que les jeunes filles font ? Parler et parler sans limite. »
« A t’entendre, on dirait que tu as cinquante ans, Rovic. Tu as à peine trente ans alors cesse de penser comme ça et Monica sait ce qu’elle risque si elle s’hasarde à beaucoup perler. Si tu le veux, elle ne pourra plus trouver du travail dans ce pays alors ne t’en fais pas et il faudra d’abord que cette femme t’appelle. »
Rovic ne savait plus si son ami avait raison ou non mais il savait une chose ; jamais Emilio ne le trahirait alors, il n’avait rien à craindre de sa proposition. Comme il l’avait si bien précisé, il fallait d’abord que Lysa le rappelle. Il souffla et fit pivoter son fauteuil afin d’être face à la baie vitrée de son bureau pour regarder la ville à perte de vue. Il se massa la tempe parce qu’il avait la tête douloureuse. Tous semblait l’envier pour sa vie, sa posture de milliardaire et pourtant il était le plus malheureux des hommes. Sa mère était convaincue qu’une fois marié, il allait être le plus heureux des hommes et il espérait réellement que ce bonheur allait arriver dans peu de temps.
Emilio longeait les couloirs de l’entreprise en réfléchissant à la situation de son ami lorsque des élévations de voix venant du bureau de Lorenzo attirèrent son attention. Il n’était pas du genre curieux mais ce genre de chose n’était aucunement acceptée en entreprise sous aucun prétexte alors, il alla vers la porte dans le but de lui demander de mettre fin à cela lorsqu’une autre voix attira son attention.
« je ne comprends pas pourquoi tu me fais la gueule depuis tout à l’heure, Lorenzo. Ton frère est celui qui était censé me faire cela et pourtant il est si serein alors je te prie de cesser cela. »
« tu veux vraiment que je cesse cela, Claudia ? tu espérais que Rovic puisse voir quoi ? toi et moi savons que tout ce qu’il sait faire c’est travailler dur pour gagner plus d’argent et qu’en dehors de ça il n’a pas de vie. Il ne sait même pas si tu es une femme ou un homme alors arrête ton manège. Je veux savoir ce que tu faisais dans le bureau de mon père et tu ne vas pas me dire que c’était simplement pour le saluer parce que jamais je ne te croirai. Tu avais la jupe soulevée et tu étais toute rouge lorsque nous sommes arrivés. Qu’étiez-vous sur le point de faire ? »
Emilio se demandait si tout ce qu’il entendait était une mise en scène parce que c’en avait bien l’air sinon ça ne pouvait pas être ce qu’il pensait.
« accepte déjà ce que je te donne sans poser des questions d’accord ? en plus du salaire que ton frère te donne dans cette entreprise, je lui soutire de l’argent pour te donner et ce n’est pas assez pour toi ? »
« tu penses que mon véritable problème c’est de l’argent, Claudia ? tu es mon véritable problème parce que tu es ma d****e et je préfère encore mourir d’overdose que de mourir sans te consommer tu comprends ? je deviendrai fou s’il fallait que je te partage alors, tu vas me dire tout de suite ce que tu faisais dans le bureau de Gregorio Roman. »
Ce fut un silence de quelques secondes, un temps pendant lequel Emilio essayait de comprendre ce qui se passait. Si Claudia était la d****e de Lorenzo alors… et si Claudia avait une relation avec Gregorio et Lorenzo alors Rovic se faisait passer pour quoi déjà ?
« écoute Lorenzo, je dois avouer que j’ai eu des égares de comportements et je te prie de me pardonner pour ça mais ce moment est très mal choisi pour se prendre la tête parce que mon mariage est pour bientôt avec ton frère et… »
« j’aurais souhaité que tu ne me parles pas de ça, » lui dit Lorenzo la voix sombre.
« je sais mais tu sais aussi bien que moi que ce n’est qu’une façade. J’ai juste besoin de devenir sa femme pour garantir notre avenir à tous les deux. Passé cette étape, tu n’auras plus besoin de t’en faire crois-moi. Je t’aime mon amour et je veux juste ce qu’il y a de bien pour nous. »
C’était la goutte d’eau de trop alors, Lorenzo s’en alla en sentant tout le mal que pouvait ressentir son ami le consumer. On avait souvent l’habitude de lui dire que la famille était sacrée mais après constat, certaines personnes n’avaient toujours pas compris ce que cela signifiait.
Rovic lui avait dit qu’il avait trouvé sa fiancée dans le bureau de son père et que ça semblait suspect et pourtant il ne l’avait pas du tout cru mais là, tout devenait clair. Cette dernière y était bien et elle se tapait tous les hommes de la famille Roman et dont le gagnant dans cette histoire était Lorenzo.
A peine arriva-t-il dans le bureau de Rovic afin de lui parler que Claudia se pointa aussi. Nom de Dieu que cette fille avait le don de se manifester comme la mauvaise chose prédite. Il ne ressentait que du dégoût en la regardant.
« mon amour, on a pas eu la chance de parler tout à l’heure et pourtant j’étais venue pour certains détails concernant notre cérémonie de mariage. »
« ça ne sera pas pour maintenant parce que Rovic et moi étions sur le point de partir pour une affaire très urgente, » intervint Emilio d’une voix amère.
Rovic les regarda tous les deux et ne sut plus qui est-ce qu’il allait suivre parce que là, c’était comme une bataille. Il ne s’attendait pas à voir Claudia mais l’attitude d’Emilio aussi était inacceptable.
« tu peux t’asseoir, Claudia. »
« je te dis que c’est urgent et important, Rovic et pourtant ces détails de mariage, vous pourrez les régler bien plus tard. Vous avez encore des semaines devant vous. »
Rovic se rendit compte qu’Emilio n’avait pas tort alors, il décida donc de congédier Claudia, une chose que cette dernière n’avait pas du tout apprécié mais Emilio n’avait rien foutre de ça. Rovic fut le premier à sortir de son bureau et lorsqu’Emilio voulut faire la même chose, Claudia l’arrêta.
« je sais que tu n’es pas gay alors arrête ton manège et lâche mon homme tu veux ? il sera marié à moi et pas à toi. »
Emilio lui sourit et sortit. Il retrouva Rovic dans l’ascenseur où ce dernier semblait épuisé. Lorsque l’ascenseur arriva au rez-de-chaussée, ils sortirent et ce fut Emilio qui prit le volant.
« je peux savoir où on va? » demanda Rovic après quelques minutes de routes.
« tu sais bien où on va alors, je ne comprends pas pourquoi tu me poses encore la question. Tu as besoin de repos et c’est pour cette raison que j’ai jugé bon que tu devrais rentrer. »
« tu aurais pu me laisser parler avec Claudia avant. Ecoute, je n’ai peut-être pas le cœur pour aimer une femme mais je me dois tout de même d’être à son écoute parce qu’elle sera ma femme. C’est la première fois que tu te comportes de la sorte, Emilio. Que se passe-t-il ? »
En faisant sortir Rovic de l’entreprise, il avait l’intention de lui dire ce qu’il avait entendu mais enfin de compte, il se disait que le moment était très mal choisi. Le plus important était le fait que Rovic ait aussi des doutes donc peu importait le jour choisi pour lui en parler, il allait finir par comprendre.