Arrivant à son entreprise, Rovic était mentalement épuisé et tout ce qu’il voulait, c’était de se noyer dans son travail car celui-là au moins ne le rendait pas malade comme le petit Rahul qui l’avait défié comme personne ne l’avait jamais fait. C’était impossible à croire mais il n’avait pas pu gérer ce petit être fragile à cause d’une simple couche. Il ne se serait pas en sorti même si au final il avait su la raison pour laquelle il pleurait parce que jamais il n’avait changé une couche. Il voulait s’enfermer dans son bureau mais avant, il fallait qu’il passe voir son père afin de lui dire que c’était la fin pour lui et qu’il n’allait pas continuer cette histoire.
« tu es revenu si tôt, Rovic. Tu retournes ? »
C’était la voix de Lorenzo et il ne voulait pas parler à ce dernier alors, il ne répondit pas et continua son chemin mais ce dernier le rattrapa.
« tu ne saurais pas où se trouve Claudia ? »
Rovic s’arrêta dans son élan de marche et regarda son frère ne comprenant pas. il n’était pas le garde du corps de Claudia et d’ailleurs, cette dernière ne lui avait jamais dit qu’elle serait là alors, il ne voyait pas ce qu’elle ferait là.
« je… elle m’a dit qu’elle viendrait parce qu’il y a certains détails de votre mariage à finaliser. »
« et comment t’a-t-elle dit cela ? elle t’a appelé ou elle t’a laissé un message ? »
Lorenzo se passa les mains dans les cheveux ne sachant plus ce qu’il allait dire à son frère. C’était vrai qu’il avait eu Claudia au téléphone mais il n’aurait pas parlé d’elle à Rovic si jamais il savait que cette dernière n’avait pas prévenu son frère de sa venue.
Ils poursuivirent le chemin vers le bureau de leur père et une fois devant la porte, Rovic prit la peine de frapper mais n’attendit pas de réponse avant de pousser la porte. Il crut halluciner lorsqu’il vit sa fiancée dans le bureau de son père. C’était faisable au cas où cette dernière était passée pour saluer mais c’était comme s’il s’était passé quelque chose. Il ne s’attarda pas dessus et alors qu’il attendait que son frère s’exprime d’abord, il put constater le regard noir que ce dernier lançait à Claudia. C’était étrange parce que c’était à lui d’avoir mal s’il soupçonnait quelque chose et non pas à son frère.
« alors Rovic, ça se voit que tu n’as même pas pu tenir une journée. Et moi qui croyais que tu étais le magnat du contrôle. C’est dommage que tu aies perdu si vite. »
Ces mots paraissaient simples mais Rovic ne les prenait pas de la même façon parce que même malgré sa réussite, son père avait toujours voulu le mépriser pour une raison qu’il ignorait et ça se voyait qu’il y prenait un plaisir fou.
« je n’ai pas pu gérer c’est vrai mais ce n’est rien comparé à des marchés que j’ai déjà eu à gagner. »
« raison pour laquelle tu n’as pas de vie mon fils et tu n’en auras jamais. Ta vie se limite à ton statut de PDG et c’est la raison pour laquelle tu devrais chercher quelqu’un pour gérer tout ça parce que la descendance, je ne pense pas que tu en auras. »
Il eut l’impression qu’un verre venait de tomber à ses pieds, se brisant en mille morceaux et que ce verre était tout son être.
« je pense que papa a raison, Rovic. Heureusement que tu as un meilleur frère qui saura gérer. »
Il se tourna dans la direction de Lorenzo et sentit les larmes lui monter aux yeux. Par moment, il ressentait juste l’envie de faire couler ses entreprises afin que plus personne n’espère lui prendre sa fortune un jour mais après tout, il se disait qu’il n’avait rien à foutre d’eux. La seule personne qui n’avait jamais eu de telles pensées était sa mère et il se promettait de toujours mieux travailler pour la rendre fière.
Ne sachant plus ce qu’il faisait dans ce bureau, il sortit et se rendit dans son antre où son ami semblait l’attendre. ce dernier l’avait certainement vu arriver.
« enfin tu as survécu jusqu’à ce que cette femme arrive. »
« peut-être que j’aurais dû rester chez elle au lieu de venir écouter les énormités venant de mon paternel et de mon propre frère. Sincèrement je ne sais plus où j’en suis et d’ailleurs, cette Claudia, je ne sais pas ce que j’ai vu mais elle semblait avoir la jupe soulevée lorsque je suis entrée dans le bureau de mon père et ce dernier semblait très nerveux. Hier encore c’était dans notre jardin où elle en sortait les cheveux en batailles et aujourd’hui… »
« et aujourd’hui rien du tout Rovic, » le coupa Emilio. « je ne sais pas ce que tu penses avoir vu mais tu es très fatigué et tu ne peux pas te mettre à imaginer des choses sur ta fiancée. Elle sera ta femme dans peu de temps et tu dois apprendre à lui faire confiance sinon votre mariage ne pourra pas fonctionner. Ton père est celui qui te fait perdre la tête et il est temps que tu cesses de le suivre dans sa bêtise. »
Emilio avait parfaitement raison, il était temps qu’il cesse cela mais ça ne l’empêchait pas de se remettre en question et de se dire que sa famille avait peut-être raison. Peut-être qu’il s’était tellement donné au travail qu’il n’avait plus de vie.
« je ne veux peut-être plus suivre ce défi mais je veux retourner chez mademoiselle Garcia. »
« tu te fous de ma gueule là ? pour y faire quoi ? »
« je serai bientôt marié et j’aurais d’autres obligations, je pense qu’il serait temps pour moi de faire ce dont j’ai envie et en ce moment, je veux être capable d’être Colins Greco et oublier un peu Rovic Roman tu comprends ? »
Emilio pouvait sentir tout le désespoir dans la voix de son ami et même s’il n’était pas d’accord avec lui, il voulait tout de même le soutenir.
« dans ce cas tu attendras qu’elle t’appelle et si elle le fait, il te faut une personne pour t’aider. »
« mais je suis censé être le seul à être à son appart et cela voudrait aussi dire que je devrais partager mon secret avec une autre personne. »
« je sais ça et je pense que Monica pourra bien nous aider. »
Rovic regarda son ami comme s’il devenait fou à penser à Monica. Cette fille avait été prise pour être son assistante et non la dernière roue de carrosse qui se muait de sensibilité lorsqu’il n’en pouvait plus. Ce n’était pas une bonne idée selon lui mais Emilio ne semblait pas comprendre parce que ce dernier était déjà sorti et avant même qu’il ne puisse faire quoi que ce soit, il était revenu avec la concernée.
« Monica Malo, vous êtes bien l’assistante de M. Roman n’est-ce pas ? »
Cette dernière hocha la tête attendant la suite qui tardait à arriver, ce qui la faisait flipper un peu.
« votre boulot consiste à accompagner M. Roman et c’est pour ça qu’à cela s’ajoute une nouvelle tâche mais cela devra rester confidentiel pour la simple et bonne raison que ça implique une double identité. »
« excusez-moi mais je ne comprends pas vraiment ! »
« ce n’est pas grave. Au cas où ça sera possible, vous comprendrez. Vous pouvez disposer à présent. »
Elle se leva et sortit du bureau. Rovic n’avait même pas eu son mot à dire et pourtant il fallait qu’il se rassure d’abord que Monica pouvait prendre soin d’un bébé. Emilio avait anticipé les choses.