Les dames patronnesses ne comptaient guère avoir beaucoup de monde avant quatre heures. Dans la grande salle, debout derrière les comptoirs, elles attendaient les clients. Sur les longues tables couvertes de drap rouge, s’étalaient les marchandises ; il y avait plusieurs comptoirs d’articles de Paris et de chinoiseries, deux boutiques de jouets d’enfant, un kiosque de bouquetière plein de roses, enfin un tourniquet sous une tente, comme dans les fêtes de la banlieue. Les vendeuses, décolletées, en toilette de bal, prenaient des grâces marchandes, des sourires de modiste plaçant un vieux chapeau, des inflexions caressantes de voix, bavardant, faisant l’article sans savoir ; et, à ce jeu de demoiselles de magasin, elles s’encanaillaient avec de petits rires, chatouillées par toutes ces mains


